HomoUe, les Bomaiiu à Délùs, p. Sa
à la 6«kiie des généraux romains 4«h vieimeni rendre koimnase à Apollon et exercent iur Tile un protectorat politique, on voit bientôt arriver les capilali&tes, qui établissent h Délos des maisons 4e banque et de cornoierce ; et ea 4|iielques années eette colonie sera assez j^ospère et assez influente pour tenir dans Tile le premier rang. G*est à la demande de ees négociants intéreieés et hardis qae le sénat prend en 166 une mesure décisive pour Tavenlr de Dék». Pour ruioer toute coneurrenee étrangère^ et en particulier celle de Rhodes, pour concentrer dans Die d'Apollon tout le mouvement ecMnmereial de TOrient,, Rome établit un port franc à Délos. C'était pour les maisons de banque romaines établies là une condition essentielle de leur prospérité; en même temps, pour assurer plus complètement à Délos la prépondérance romaine, le sénat expulsa et proscrivit ea masse les Déliens, après quoi il rendit nie à ses anciens maîtres, les Athéniens. Mais au vrai cette resiittttksn n^ét&it qu'une fiction diplomatique, et qm ne saurait faire ilksion : ce sont les Rc^nains qui ont tout conduit et qui vont pr<^iter de tout. Les apparences du gouvernement sont athéniennes : mais en îaii à Athènes est toujours associée la colonie romaine, qui a entre les mains toute la richesse et qui manie toutes les grandes affaires. Rhodes, qui jusque-là avait le monopole du commerce, fut ruinée du coup par ces mesures du sénat : en trois ans les revenus de ses douanes tombèrent d'un million à 150 000 drachmes. Un dernier bonheur vint mettre le comble à la prospérité de Délos : ce fut la destruction de Gorinthe (146). Désormais Délos n'avait plus de rivale et sa fortune allait prendre un essor merveilleux. Devenue le centre des échanges entre la Grèce, l'Asie et ritalic, clic avait
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le monopole da commerce oriental : et ce monopôle était singulièrement avantageux et lucratif. Tous les objets de luxe que produisait FOrient trouvaient acheteur à Rome et s'y vendaient fort cher : pour suffire aux demandes, les œuvres d'art et les étoffes précieuses, les épîces, les produits des pays grecs et asiatiques s'amassaient aux grandes fêtes ou plutôt aux foires de Délos. Les esclaves affluaient sur ce marché célèbre, où en un seul jour on débitait plus de 10 000 têtes de ce bétail humain. Sous la haute protection de Rome, le commerce s'exerçait en sécurité : et quand l'Asie à son tour devint une province romaine (133), quand les inépuisables richesses de ce pays tombèrent aux mains des capitalistes de Rome, ce fut pour le port franc de Délos un nouvel avantage.
C'est à ce moment, c'est-à-dire vers le dernier tiers du u^ siècle, qu'il faut s'arrêter pour prendre idée de la prospérité commerciale de Délos.
Ici encore, c'est aux inscriptions qu'il faut demander les directions principales que suit le commerce de Délos et le vaste champ dans lequel s'exerce son activité. Une multitude de monuments élevés à des princes de rOrient, aux souverains et aux fonctionnaires du Pont et de la Bithynie, de la Syrie et de la Gappadoce, de la Parthie et de l'Egypte, attestent les relations qui existaient entre ces royaumes et l'Ile sainte.* C'est vers le Levant en effet qu'est exclusivement tourné le commerce de Délos : il a pour sièges principaux la Syrie et TÉgypte, qui tiennent le premier rang dans l'industrie de l'époque et qui sont en communications directes avec les pays producteurs de l'Asie, de l'Afrique intérieure et de l'extrême Orient. En Egypte tout vient se concentrer à Alexandrie; en Syrie, douze villes, les
Échelles de la côte, servent d'étapes entre l'intérieur et Délos *. » De tous ces pays, on vient en foule dans l'île sacrée : non seulement les princes et lès grands personnages font des offrandes au temple et tiennent à honneur d'y avoir leur statue; mais les particuliers y accourent en grand nombre. Des gens de toute race de tout pays, Syriens et Égyptiens, Romains et Athéniens se mêlent et se rencontrent à Délos; et de bonne heure ils sont assez nombreux pour y former des corporations riches et puissantes. Dès 150, une association de marchands de Tyr se constitue sous la protection d'Héraclès; puis les marchands de Beyrouth se groupent sous les auspices de Poséidon ; plus tard les ÀpoUoniastes forment une autre association religieuse et commerciale, également placée sous le patronage d'une divinité nationale. Les Juifs, les Syriens d'Hiérapolis et d'Ascalon s'organisent de la même manière, les Égyptiens se constituent en un synode jaloux de conserver ses coutumes nationales, et qui parait avoir eu une assez grande importance : mais de toutes ces colonies étrangères, la plus influente, la plus riche est la colonie italienne et romaine, qui dés le milieu du u* siècle s'est formée en corporation sous la protection d'Hermès et qui domine souverainement à Délos.
Avec les personnes viennent les dieux. Quoique Apollon conserve toujours nominalement la première place, maintenant la piété se porte plus volontiers vers des divinités plus jeunes, vers ces dieux du monde oriental surtout, dont le culte a toujours exercé tant d'attrait. L'Orient hellénisé envahit la Grèce, et la Grèce ne résiste pas. Isis et Scrapis, Anubis et Harpocrate, la Syrienne Astarté, ont leurs temples à Délos, leurs fidèles et leurs mystères. L'importance de ces cultes