‹ Excursions archéologiques en GrèceChapitre 27 sur 53 · LES FOUILLES AU TEMPLE D*APOLLON PTOIOS · texte numérisé non relu

LES FOUILLES AU TEMPLE D*APOLLON PTOIOS

idée assez exacte de l'œuvre du sculpteur péloponnésien. Le dieu était debout, imberbe et complètement nu, le pied gauche légèrement avancé, les bras relevés à partir du coude, les mains portant un arc et un jeune faon^ dans Tattitude caractéristique créée parles maîtres archaïques. La chevelure, courte et bouclée sur le front, retombait par derrière en masse épaisse et flottait sur la poitrine en tresses symétriques; les yeux étaient d*argent ou de pierres {)récieuses enchâssées. Fort enchaîné encore dans les conventions de Fart primitif, le sculpteur de Sicyone avait laissé dans son œuvre bien des traces de la raideur et de la dureté d'autrefois ; pourtant dans son Apollon les traits de la race se sont affinés; les formes robustes attestent une étude plus sérieuse de la nature; et si l'expression est encore un peu indifférente et banale, comme on le voit dans la belle tète archaïque d'Apollon retrouvée à Herculanum, & coup sûr le progrès est énorme, qui en quelques années a fait parcourir aux maîtres primitifs le long chemin qui sépare l'œuvre de Kanachos du rude et grossier Apollon d'Orchomène.

Les fouilles du Ptoïon nous ont rendu une statue en marbre de Paros, où l'on ne saurait méconnaître une copie du. bronze de Kanachos. Fort étroitement appa* rentée àTApoUon de Piombino et au marbre Strangford, mais de date un peu plus ancienne que ces deux répliques de l'Apollon Didyméen, la statue de Perdicovrysi appartient à la période de transition qui de la sculpture archaïque primitive conduit à la sculpture éginé- Uque ; elle date sans doute de la fin du vi*^ siècle, un peu antérieure aux figures du fronton occidental d'Égine, avec lesquelles elle offre d'ailleurs plus d'une aniJogie. Dans ce marbre en efl'et on ne trouve ni l'ai-

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lure aisée et la manière* large, un peu superflcielle de l'école béotienne, ni les élégantes délicatesses et la vie intense des œuvres attiques; c'est par la précision anatomique du modelé, Tétude attentive,, minutieuse^ des détails de la musculature, la sobriété de la facture, la construotion; rogulière et simple de Tensemble que vaut cette- figure : et par là eUe^ rappelle le style de. Técole éginétique. Goaune dans las^ marbres d'Égine,, la tête est ibrt inférieure au> corps; Tètude ea estmoins^ achevée, l'expression presque, indiffisrente; elle aussi, témoigne d'une influence manifeste exercée par le» vieilles écoles du Péloponnèse. Dcms cette œuvre do* rienne, visiblement inspirée du bronze de Kanachos, il est curieux de trouver, outre la réplique d'une statina célèbre, une des transformations^ dernières que Tact grec archaïque a fait subir au type d'Apollon.

Dans l'ouvrage d'ensemble qa'it donnera bientôt aun les fouilles entreprises au temple d'Apollon Ptoïos,, M. Holleaux fera connaître bien d'autres monuments encore, qui ne sauraient même être énuméré&au cours de cette étude : on a voulu simplement ici, par une esquisse rapide, marquer le puissant îjitérét de cette exploration toute récente, qui éclaire d'une si visa lumière les procMés de l'art grec archaïque et révéla,, par une série de monuments considérables, les lenie& transformations par lesquelles a passé un. de» types chers aux ateliers primitifs, et les patients efforts de ces vieilles écoles du Péloponnèse et de la Béotie, dont la studieuse application et les qualités originales ont préparé le plein épanouissement de l'art hellénique.

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