CHAPITRE
LES FOUILLES d'oLYMPIE ^
Dans la partie occidentale du Péloponnèse, dans la région que les anciens appelaient du nom d'Élide, on trouve, sur les bords de TAlphée, une plaine large d'environ 1000 mètres» qu'entoure de toutes parts une ligne de collines peu élevées; le fleuve, à peine échappé par un étroit passage des hautes montagnes de l'Arcadie, semble y ralentir son cours impétueux et rapide ; il se Joue en détours fantasques, formant sur sa route une multitude de petites îles, et recueille sur son chemin les afiQuents que lui envoie le flanc septentrional de la vallée
1. BiBUOORAPHiE : Curtius, Adler, Treu et Ddrpfeld, Ansgrabungen zu Olympia, 5 vol., Berlin, 1816-1884 ; — Die Funde von Blympia, 1 vol., Berlin, 1882 ; — Insckriften ccus Olympia {Archaeol. Zeit.y 4816èi881); — Boetlicher,0/yin;wa, Berlin, 1886;— Flasch, rarticle Olympia dans Baumeister, DenkmSler des classiscken Altertkums, Munich, 1888 ; ~ Lalonx et Monceaux, la Restauration jfiOlympie, Paris, *889. — On trouvera dans ce dernier ouvrage une bibliographie assez détaillée des travaux relatifs à Oiympie, en particulier des nombreux articles qui se rapportent
et dont le plus important est le Gladéos. C'est au confluent des deux rivières, au pied des pentes boisées du mont Kronion ou Olympe d*Élide, que s'élevait dans l'antiquité le temple fameux d'Olympie; c'est dans cette petite plaine que se célébraient, autour du sanctuaire de Zeus, les jeux les plus illustres de la Grèce ancienne. S'il faut en croire les traditions naïves que racontaient les prêtres, l'origine de ces jeux remontait jusqu'aux temps lointains de l'âge d'or, quand Zeus n'était encore qu'un enfant en bas âge et que son père Saturne régnait sur le monde; et les dieux eux-mêmes n'avaient point dédaigné de prendre la première part à ces fêtes : Jupiter y avait disputé le sceptre à Saturne, Apollon y avait vaincu Hermès à la course et Ares au pugilat. Plus tard, disait la légende, Pélops, fils de Tantale, avait donne aux jeux olympiques un éclat tout nouveau, au lendemain de l'aventure fameuse où, par la protection de Zeus, il avait vaincu le roi Oenomaos et épousé la belle Hippodamie. On connaît cette histoire : elle comptait parmi les souvenirs les plus célèbres d'Olympie, et l'art en avait immortalisé la mémoire sur l'un des frontons du temple. Oenomaos, roi d'Élide, avait, dit-on, une fille, Hippodamie, et l'oracle de Delphes lui avait annoncé qu'il mourrait le jour même du mariage de cette enfant. Bien résolu en conséquence à
à la disposition des frontons. Il suffira donc de mentionner ici quelques travaux importants : Rayet, les Fouilles d'Olympie (Études d'archéologie et d'art, Paris, 1888, p. 42-86); — Brunn, Die Sculpturen von Olympia, Munich, 1877; Paeonios und die nordgriechiscke Kunst, Munich, 1876; — Gurtius, Altàre van Olympia, Berlin, 1882; — Furtw&ngler, Bronzefunde aus Olympia, Berlin, 1879; — et les articles de Treu {Archaeol. Zeit,, i%%2; Jahrb, d. ArchaeoL Instituts, 1888, p. 175, et 1889, p. 266-316). Cf. Reinach, tUermès de Praxitèle {Rev, archéoL, 1888, t. I).
repousser toutes les demandes, le roi avait trouvé un moyen commode de se défaire des prétendants : il les défiait à une course de chars, dont le point de départ était l'autel de Zeus à Olympie, le but celui de Neptune à Gorinthe; sur cette route un peu longue, bien des accidents pouvaient arriver, et généralement, le long du chemin, la bonne lance du roi le débarrassait de son adversaire. Quand Pélops, fils de Tantale, se présenta à son tour, il fut plus heureux et surtout plus habile; fort riche, il corrompit le cocher d'Oenomaos, qui fit verser son maître; le roi vaincu se tua de désespoir; après quoi Pélops épousa Hippodamie, succéda au trône demeuré vide, et, pour témoigner aux dieux sa gratitude, restaura avec une splendeur inaccoutumée les jeux d'Olympie. D'après d'autres récits, Hercule, après avoir vaincu Augias, roi d*Élis, avait dans la plaine de l'Alphée offert en l'honneur de Zeus son père des sacrifices solennels : avec la cendre des victimes il avait élevé un autel au dieu et, dans l'enceinte sacrée qu'il entoura d'un mur, il avait célébré pour la première fois les concours olympiques. Enfin, au ix* siècle, un roi du pays, Iphitos, institua la trêve sacrée qui devait permettre le paisible accomplissement de la fête. Désormais, par une convention solennelle acceptée par tous les peuples du Péloponnèse, le territoire d'Olympie devint un État neutre, dont l'accès pendant la durée des fêles était interdit à toute troupe en armes, dont l'inviolabilité fut placée sous la garantie commune de tous les Grecs. Désormais la sûreté d'Olympie était consacrée et sa grandeur certaine : l'obscure fête locale d'un canton du Péloponnîèse allait devenir pour l'Hellade une institution nati<mrie; et les Êléens avaient fait preuve de bon sens et de reconnaissance, lorsque, dans
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la plas belle place du sanctuaire, à l'entrée du temple <de Zeus, ils avaient élevé :1a statve du vieux ^oi Iphitos, Oduronné par Ërkekheiria, la déesse qui personnifiait la trêve sacrée à lacpielle Olympie devait sa fortune,
« Tont le mande «iit comment les jeux d'Olympie devinrent la fête nationale de la^Grèce, et comment leur t^teqir périodiifue de quatre en quatre aas iservit, liepuîs 776, de base au f»ul -système chroaoïlogique qui ait été i;omra«n à tottle :rHeUade, celai des 01ym,piades. Plus •en effet que tofis les autres jeux helléi(iique&, iplus que les jeux de Ttethme ^»u de Némée, plias même que les fîtes d'Apollon (à Delpkes, les solennités de Zeus Olympien servaient de ceàtre national au monde ^rec. Be É0US les rivages, Les pèlerins y arrivaient «n foule. Borienset lo&ieas, gens d'Athènes et de Sparte et de ^bèbes, malgré leu^rs rivalités ^et leurs haines, et au. milieu de leurs guerres les plss acharnées, oubliaient ponr un instant, à l'époque des fêles, kiars antiques quenelles, et à ce rendez-vous pacifique où tous se retrouvaient, tons vivaient quelques jours en boaxàe harmo- «lie. Les récompenses obtenues aux concoursd'Olympie dépitssaien't toute antre gloiare humaine : et les puissants éo jour, les rois de la loîntaâie Cyrène et les tyrans de la Sicile, les chefs des puissantes aristocraties de Golinthe, â*Argos ou de ila Tàessalie, les niches citoyens des vUles démocratiques, n'avaient pas d'ambition plus diante qifte celle ide i^emporter à Olympie le prix de la oourse des chars K » Ni les difficultés de la navigation, tfiila longueur du voyage, ni les périls pressants de l'inurasion étrangère ne diminuaient l'ardeur des Hellènes à tenir ces grandes aas^as de^la Orèce : dans le temps même oùLé^dasjBonrflÉLglorieusement.aux Thermof>yles, les Grecs .assemblés » C%mfûe continuaient sans