PLAN DE L'ALTIS D'OLYMPIE
protégeaient contre les vents froids du septentrion ; au sud, le massif de la Hessénie tempérait Fardeur des souffles brûlants du midi ; seul, par la brèche ouverte vers la mer, le vent humide et doux qui vient de l'ouest pénétrait dans la vallée fluviale où s*élevait Olympie. Aussi, au sommet des collines qui enserrent ia plaine, dans le vallon bien arrosé qui en forme le fond, la végétation était abondante et riche, particulièrement à Tendroit où, au pied du mont Kronion, le Gladeos unissait ses eaux à TAlphée. Sur les hauteurs, les massifs de pins mettaient dans les paysages leur note d'un vert sombre ; dans la plaine, un bois épais environnait le sanctuaire de son ombre, et avait valu à Tenceinte d^Olympie le nom d*Altis, qui veut dire bois sacré. Le long des avenues de platanes s'abritaient sous les grands arbres une foule de monuments et de temples; des blancs massifs de peupliers argentés ombrageaient le tombeau de Pélops ; des oliviers touffus croissaient autour du stade et de Thippodrome; tout à l'en* tour, au flanc des collines, la vigne, Polivier, le myrte mariaient leurs feuillages, et dans la vallée les prairies, parsemées au printemps d'anémones aux couleurs éclatantes, faisaient du sanctuaire d'Olympie une fraîche et verdoyante retraite. Un orateur athénien affirme qu'Olympie est bâtie dans le plus beau pays de la Grèce tout entière; et certes un habitant de la sèche et stérile Attîque ne pouvait manquer, en voyant la gracieuse et verdoyante vallée de l'Alphée, d'être ravi en admiration. Pour nous, nous trouvons sans doute plus d'originalité et de charme à la beauté sévère du paysage attlque, à ces lignes si nettes et si harmonieuses que le Famés et le Pentélique découpent sur le ciel clair du soir, à ces grandes montagnes dénudées où l'olivier
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seul pique la note monotone de son feuillage pâle, mais qui prennent sous Téclàt du soleil de si riches et si merveilleuses couleurs; le gracieux paysage d'Olympie, avec sa beauté tempérée et moyenne, son charme aimable et riant, nous étonne et nous émeut moins. Mais pour les anciens Grecs, amoureux, comme les Musulmans d'aujourd'hui, de fleurs, de verdure et d'ombre, il formait avec ses bosquets et ses eaux courantes un cadre merveilleusement approprié aux monu* ments qui s'élevaient dans l'enceinte et à la fête qui y était célébrée.
Supposons maintenant qu'en un de ces jours de réjouissances solennelles nous arrivions à Olympie, comme le pèlerin antique, par quelqu'une de ces sept grandes routes qui reliaient le sanctuaire au reste de la Grèce, par exemple, par la plus célèbre d'entre elles, la Voie sacrée ou Route olympiaque, qui conduisait d'Élis à Olympie à travers la plaine et rejoignait sur le bord de l'Àlphée le chemin qui venait de la mer et du port. « C'était une charmante avenue, bordée de petits tem* pies, de statues, de tombeaux, de bosquets embaumés de fleurs, qui menait, comme par une allée de parc, jusqu'à la rive droite du Qadeos ^ » Franchissons le torrent, et dans l'angle qu'il forme avec l'Alphée, au pied du mont Kronion qui la domine au nord et sur les pentes duquel s'étagent une partie des édifices, nous trouverons la cité sainte d'Olympie. Deux parties la composent : ici, c'est l'enceinte sacrée de l'Altis, que ferment de trois côtés de blanches murailles; là, ce sont les nombreux édifices bâtis tout autour de l'enceinte; ici, c'est le domaine des dieux; là, les installations préparées pour l'amusement ou la commodité de leurs adorateurs.