‹ Excursions archéologiques en GrèceChapitre 39 sur 53 · Decharme, loc, laud., p · texte numérisé non relu

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symboles : la vie de la nature, le rapport qu'elle avait avec la vie et la destinée de Thomme en faisaient le fond. Pourtant on peut croire que ces considérations abstraites, ce sens mystérieux échappaient h la plupart des initiés. Ce qui avait pour eux un si grand charme, ce qui leur laissait une impression si profonde, c'était plutôt la forme arrêtée dont se revêtait ce vague symbolisme. Pour ces mystiques, parmi lesquels les femmes étaient nombreuses, la signification métaphysique du drame était chose bien secondaire : « Qu'estce donc, dit M. Renan dans une belle page, qui les faisait courir en foule pour pleurer Adonis? le désir de pleurer un jeune dieu trop vite épanoui, de le contempler couché sur son lit funèbre, épuisé dans sa fleur , la tête languissamment penchée , entouré d'oranges et de plantes d'une végétation hâtive qu'on voyait éclore et mourir, de l'ensevelir de leurs mains, de se couper les cheveux sur son tombeau, de se lamenter et de se réjouir tour à tour, de savourer en un mot toutes les impressions de joies éphémères et de tristes retours groupés autour du mythe d'Adonis *. » Le même genre d'intérêt se trouvait dans le drame d'Eleusis. Au moment où la tragédie mystique représentait le séjour de Coré dans les demeures souterraines, les initiés demeuraient eux aussi plongés dans les ténèbres; ils devaient marcher longtemps au sein de celte obscurité terrifiante, « à travers de redoutables passages, sur une route sans fin », où leur imagination troublée voyait les replis du monde infernal. Des éclairs sillonnaient la nuit, des voix redoutables se mêlaient à d'effrayantes apparitions : « Avant d'ar-

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