‹ Excursions autour du monde (volume 2)Chapitre 3 sur 11 · TA-YUEN-FOU. — HOKIEIV-FOU. - RETOUR · texte numérisé non relu

TA-YUEN-FOU. — HOKIEIV-FOU. - RETOUR

En arrivant à Ta-yuen-fou, nous demandâmes l'hospitalité à l'évêque. Après quinze jours passés sur les grandes routes chinoises au plus fort des chaleurs de juillet, nous avions réellement besoin d'un peu de repos; aussi ce fut une véritable joie que d'arriver dans le couvent des franciscains. Cet établissement est situé au milieu de la ville; la chapelle est bâtie dans le style italien, avec un péristyle à colonnes et un dôme.

Les Chinois aiment assez cette architecture; ce qu'ils détestent, c'est le genre gothique dont, disentils, les pointes détruisent le Foun-choueï des voisins. Or le Foun-choueï est la superstition la plus enracinée en Chine; c'est presque une religion, assez diffi-

cile, au reste, à expliquer, car la théorie va rie, on pourrait presque dire, avec chaque individu. La traduction littérale de Foun-choueï est air-eau; mis ensemble, ces deux mots veulent dire la réunion des circonstances où se trouvent ces deux éléments par rapport à une personne, à un objet, à un lieu; il suffît du moindre changement dans ces arrangements pour détruire le Foun-choueï d'un lieu, et par conséquent y attirer ou en éloigner les Chinois; il parait que les clochetons et les aiguilles des clochers gothiques sont néfastes à ce point de vue. On pourrait presque dire que la croyance au Foun-choueï compose tout le bagage religieux d'un vrai Chinois. Je me rappelle une anecdote assez drôle au sujet de cette superstition. Un i/ice-roi avait porté plainte contre une mission catholique, dont les constructions avaient détruit le Foun-choueï de son palais, et demandait instamment la démolition du clocher coupable de ce méfait. Cette demande me fut transmise verbalement par un des ministres pékinois. Je lui répondis que je trouvais que c'était une vexation ridicule, vu qu'aucune personne sensée ne pouvait ajouter foi à ces billevesées populaires. « Vous vous trompez, médit l'homme d'Etat chinois. Nous croyons tous au Foun-choueï; demandez-le plutôt à S. Ecx. Toun (c'était le deuxième ministre présent à notre entretien). »

Et S. E. Toun, prenant la parole, dit: « Comment!

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