‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 10 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE I

sure de n'acquérir jamais de notions exactes sur ces magnifiques contrées.

La chaleur qui règne en été dans Athènes étant excessive (33** R. à Tombre et 43® au soleil) , on éprouve un véritable soulagement quand on s'élève sur les pentes du Cithéron ou du Parnès qui séparent l'Attique de la Béotie. La route que je suivais se dirige d'abord vers Eleusis. Après avoir quitté l'antique sanctuaire de Déméter, on prend le chemin de Mandra , village moderne habité par des Albanais , comme presque tous les villages de l'Attique. Mais à Mandra , ainsi que dans le reste du royaume, rétablissement des écoles tend chaque jour à helléniser les Chkipetars , race neuve , énergique , sobre et labo-

rieuse, très-propre à la guerre et à l'agriculture. Les villages grecs ne sont point , comme dans bien d'autres contrées, un amas de chaumières en terre. Ils se composent de solides maisons en pierre , couvertes en tuiles , habitude qui rend les incendies beaucoup plus çares. Mais ces maisons n'étant pas toujours badigeonnées, elles n'ont point l'air riant qui va si bien aux habitations champêtres. Dans plusieurs villages de l'Attique, le manque d'arbres ajoute à l'im-

O ATTIQUE ET BEOTIE.

pression désagréable qu'éprouve le voyageur. Il s'empresse trop souvent de conclure que la Grèce, qui possède les fertiles plaines de la Messénie , d'Argos et de Lébadée , les magnifiques vallées du Sperchius et de l'Eurotas, les pâturages et les forêts de l'Acarnanie, est un horrible pays vanté par de crédules archéologues. Du reste, l'été n'est point la saison la plus favorable pour visiter la Grèce et s'en faire une juste idée. Les graminées, qui poussent au printemps avec tant de fougue, sont desséchées à la fin de mai. Au mois de juin, on coupe déjà les blés. Les tabacs et le maïs , alimentés par des irrigations artificielles, conservent seuls quelques lisières de verdure au milieu des champs dévorés par le brûlant soleil de l'Orient. Mais au commencement de l'année le soleil n'exerce qu'une action bienfaisante. Dès le mois de janvier, il entreouvre la fleur d'albâtre des amandiers. A l'amandier succèdent d'autres arbres charmants. Un nuage rose semble flotter sur l'écorce noirâtre des arbres de Judée. L'aubépine , qui était dans Athènes l'emblème de l'espérance , et dont les jeunes filles portaient les rameaux aux noces de leurs compagnes , abrite de ses corymbes par-

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