PARTIE I. — LIVRE II
baigne les côtes méridionales de la Grèce continentale et la côte septentrionale du Péloponèse. La Grèce continentale , que je venais de parcourir, n'est qu'une partie de la presqu'île nomniée généralement hellénique, qui forme l'extrémité de la grande péninsule orientale. La presqu'île hellénique est un immense triangle , hérissé de chaînes escarpées , creusé par de profondes et courtes vallées , découpé par des golfes et bordé d'îles, dont la base s'appuie sur les Alpes dinariques et sur l'Hémus (Balkans), et dont le sommet est le promontoire Ténare. Les provinces du versant de l'Adriatique et de la mer Ionienne sont occupées ou par les Slaves du rameau serbe (Herzégovine) , ou par les Chkipétars, qui appartiennent, comme les Hellènes, au groupe pélasgique de la noble race aryenne (Albanie), enfin par des Hellènes indépendants (Acarnanie et Étolie). Les provinces du versant de la mer Egée ont été le principal théâtre du développement de la nation hellénique ; mais au delà du mont Othrys , qui sépare la Thessalie du royaume de Grèce, des éléments étrangers : Slaves, Roumains, Turcs, etc., occupent des parties plus ou moins considérables du sol.
214 PHTHIOTIDE ET PHOGIDE.
La diplomatie a cru devoir diviser des territoires que la nature , la religion et l'histoire avaient intimement unis. Aujourd'hui, — grâce au droit international, — un compatriote d'Achille, d'Alexandre ou de Pyrrhus n'est pas un •Hellène, mais un Turc! Le nouveau royaume se trouve ainsi arrêté dans son développement régulier, puisqu'il est privé de ces riches plaines qui ont conservé une partie de leur ancienne fécondité. L'étendue de ses côtes, qui est considérable , les rivages étant admirablement découpés , engage naturellement les Hellènes à se dédommager par la marine de ce qui leur manque du côté des ressources agricoles. Les provinces de la Grèce continentale dont l'indépendance a été reconnue , sans avoir généralement la même fertilité que la vallée du Pénée, offrent à l'artiste des spectacles qu'il ne se lasse pas d'admirer. Les unes, l'Acarnanie et l'Étolie, situées sur le versant de la mer Ionienne , se composent des bassins montueux et boisés de l'Achéloûs (175 kilomètres de longueur) et de l'Evénus, habités par des peuplades qui sont, comme dans l'antiquité , rudes et belliqueuses. L'Acarnanie a quelques lacs , de vastes pâturages et de véri-