‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 114 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE II

Orientaux une antipathie causée par l'appui que leurs principes prêtent aux ennemis de la liberté et des nationalités opprimées.

Vlacho-Cléissoura, où les trois amis avaient entrepris de propager l'hétairie, était une colonie roumaine. Parmi les peuples de la péninsule orientale, les Roumains occupaient déjà une place importante à cause de leur nombre et de leur illustre origine. Non-seulement ils habitaient au delà du Danube des provinces d'une grande étendue et qui possèdent des ressources de toute espèce ; mais ils vivaient en deçà du vaste fleuve en groupes considérables, dont les uns, adonnés aux travaux des manufactures , étaient fixés dans des villes ou dans les hameaux suspendus aux angles des rochers et cachés sous les neiges des montagnes pendant la plus grande partie de Tannée. Quant aux autres, qui formaient la majorité, ils erraient à la façon des nomades avec leurs troupeaux et leurs familles. Plusieurs Roumains de Calaritès avaient des relations suivies avec rOccident, particulièrement avec la France, qui, dès le temps de Louis XIV, avait un entrepôt à Mezzovo pour acheter le poil de chèvre et la toison des brebis. Établies , il y avait

bien des siècles, dans des contrées qui s'étendent ( depuis les vallées de la Dacie jusqu'au Pinde de Thessalie,» — ce sont les expressions de l'écrivain grec Chalcondylas , — les populations roumaines avaient pu, jusqu'au temps d' Ali- Pacha, se soustraire, dans plus d'un endroit, aux principaux inconvénients de la domination étrangère. Les Grands^Valaques de Galaritès , de Mezzovo et de l'Aspropotamos virent s'évanouir leur prospérité le jour où ils commencèrent à être rançonnés par le cupide vizir de Janina. Auparavant, plutôt vassaux qu'esclaves, ils payaient un simple tribut à la sultane-mère. Telle était la condition des Roumains de Galaritès en 1845. Groupée pai' étages sur la pente méridionale du Padouré-Monté (montagne des forêts) , cette industrieuse cité se servait du pavillon de la France pour faire de grandes affaires avec l'Occident, principalement avec Trieste, Livourne, Gènes, Venise, Ancône, Messine, Gadix et autres riches villes maritimes. La plupart des négociants de Galaritès, ayant contracté dans leurs voyages l'habitude de parler les langues étrangères, avaient des bibliothèques où l'on trouvait, à côté des classiques grecs, les

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