PARTIE I. — LIVRE II
compagnons de voyage de l'insurrection macédonienne, le bateau à vapeur toucha à Galaxhidi, située aux pieds d'un versant boisé de l'Œta. Les dernières pentes de la montagne qui s'arrondissent au-dessus de la ville sont cou-
vertes de vignes, que les femmes cultivent, tandis que les hommes parcourent les mers. Le développement considérable des chantiers atteste les inclinations maritimes des habitants de Galaxhidi. Ces tendances s'étaient déjà manifestées avant la guerre de l'indépendance. Les industrieux habitants de cette petite ville commerçante employaient avec activité leurs frêles navires. Ces navires, en exerçant une perpétuelle vigilance sur le gojfe, avaient irrité les Ottomans. Les gens de Galaxhidi, attaqués par la flotte turque (octobre 1821), firent une vigoureuse résistance. Écrasés par les projectiles lancés par les Turcs , ils détruisirent leurs batteries et sacrifièrent leurs vaisseaux, seule source de leur aisance pour se retirer dans les montagnes d'Amphissa. Les Musulmans, épouvantés de leur bravoure, hésitaient à débarquer; mais les barbares Africains de l'Algérie, poussés par l'amour du pillage, se jetèrent dans des chaloupes
et brûlèrent la ville après l'avoir dépouillée. On a admiré avec raison les sacrifices que fit la France pour défendre , à la fin du dernier siècle , son indépendance et ses libertés. Mais la France déjà capable par sa population , retendue de son territoire, ses ressources de toute espèce, de tenir tête à TEurope entière , voyait-elle ses provinces ravagées , ses cités livrées aux flammes , ses moissons et ses arbres brûlés, ses vierges livrées à la brutalité de hordes sauvages qui n*ont d'humain que le visage ?
Après s'être arrêté quelques minutes au village de Vistrinitza , situé à quelque distance de l'ancienne Messapia, le bateau à vapeur, traversant le golfe , se rendit à iEghium (nomarchie de l'Élide et de l'Achaïe).