PARTIE I. — LIVRE III
par leurs lumières, par leur influencé et par leurs richesses. Tant que subsistèrent les familles qui avaient occupé le trône impérial , on pouvait dire que ces familles formaient une espèce d'îiristocratie. Mais depuis qu'elles furent remplacées par des maisons qui devaient leur élévation à des hommes nouveaux , aucune classe ne mérita moins le nom de caste aristocratique que les Hellènes du Phanar. Un simple grammaiikos comme Tintègre Panaghiotis ne dut-il pas sa charge de grand interprète de la Sublime- Porte à son savoir exceptionnel? Son successeur, Alexandre Mavrocordatos , originaire de Ghios et né à Gonslantinople en 1503, avait, — ses ouvrages l'attestent, — approfondi la philosophie, la médecine*, l'histoire, l'archéologie etc., et mérita réellement le titre «d'homme vraiment extraordinaire » que lui donne M. Ubicini. Les charges de drogmans de la Porte et de l'Amirauté que les Hellènes obtinrent par les mêmes moyens qui ont-mené aux dignités les Ma(îaulay, les Humboldt, les Thiers, les préparèrent, — le drogman de la Porte devint un vé-
* Le Pneumaticum instrumentum défend la circulation du sang encore contestée.
rilable ministre des affaires étrangères, — à gouverner les Principautés roumaines, lorsque la Turquie commença à se défier des Ghika et des Brancovano. Grégoire I^^ Ghika , prince de Valaquie , fils de l'Albanais George I^"^, s'était tourné du côté des Allemands , et avait même reçu de Léopold 1er le titre de prince du Saint-Empire (1660-1664). Le Roumain Constantin II Brancovano, un de ses successeurs, soupçonné d'intelligence avec les Russes, avait été décapité (1688-1714). La Porle n'attendit pas sa mort pour appeler Nicolas Mavrocordatos, fils d'Alexandre, au trône de Moldavie (1710). Avec Nicolas 1er commença le règne des Phanariotes, dont les Roumains ont conservé un souvenir pénible, parce qu'ils le regardent comme un assujettissement plus complet à la puissance suzeraine , et qu'il est naturel qu'une nation tienne à conserver des princes indigènes. D'un autre côté , des souverains de race hellénique étaient entraînés à se préoccuper plutôt de leur nationalité que des intérêts des « malheureuses principautés » — c'est l'expression de l'historien grec Rizo Néroulos* . Cependant d'importantes mesures
* Histoire moderne de la Grèce ^ p. 67.