‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 128 sur 284 · PARTIE I. — LlYRE III · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LlYRE III

furent prises à celle époque : les lettres furent encouragées par Nicolas Mavrocordatos qui les cultivait lyi-même. Ce prince fonda une imprimerie et une école publique, où Ton enseignait le grec ancien, le latin et le slavon. Son frère, Constantin III Mavrocordatos , introduisit dans le pays la culture du maïs, qui est la principale nourriture des cultivateurs. Il affranchit les paysans valaques du servage et abolit la juridiction féodale. Sous les règnes suivants, grâce au goût des Hellènes pour la littérature et pour le négoce, l'instruction et le commerce firent des progrès incontestables. Des relations commerciales furent nouées avec TAllemagne, surtout avec Leipzig. Les princes firent traduire en langue roumaine la Bible et la Liturgie. Les lycées de Bukarest et de Jassy furent organisés avec un soin exceptionnel : on y enseignait non-seulement le latin et le grec, mais l'allemand, le français, ainsi que la philosophie et les sciences naturelles. Sous le règne de l'honnête Alexandre VII Hypsilantis , qui fonda de nombreuses écoles et réorganisa les postes , J. Vacaresco rédigea la première grammaire roumaine. Bukarest eut un théâtre, où l'oa joua des pièces fran-

çaises ou des pièces traduites du grec. La lég"islation ne fut pas plus négligée que J'enseignement et la littérature. Alexandre Hypsilantis, Charles Callimakhis, Jean Caradja et Grégoire Ghika furent les législateurs des principautés, qui suivent encore leurs lois empruntées à ce droit roraano-byzantin qui est la base des législations néo-latines.

Le nom de Ghika, qui se trouve parmi les lé* gislateurs, montre que, grâce à leur origine albanaise, les Ghika ne furent pas exclus dans les commencements de la période phanariote. Ils se signalèrent par des actes aussi décisifs que la bulle d'or de Grégoire II Ghika , prince de Valaquie, confirmée par Matthieu II Ghika, qui proclama la liberté de conscience à une époque où en France les protestants étaient encore traités comme de vils criminels, et par l'énergique protestation de Grégoire III Ghika, prince de Moldavie, contre l'usurpation de la Bukovine par l'Autriche, protestation qu'il paya de sa tête (1772). Tout en faisant la part du bien, il n'est nullement question d'excuser les excès et les crimes ! Dans un siècle où les mœurs de l'Occident étaient encore si grossières et si farouches,

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