PARTIE I. — LIVRE III
rait, en Grèce, aucune chance de succès. De nos jours, le poëte le plus célèbre des Hellènes, l'auteur de VEiranty n'est-il pas un Soutzos? Son frère, Panaghiotis, n'est-il pas un de ses émules? M. Alexandre Mavrocordatos , qui de bonne heure parlait et écrivait avec facilité le persan, le turc, le grec, Tilalien, le français, l'allemand et l'anglais, ne possède-l-il pas une instruction qui rappelle le savoir du célèbre grand-interprète de la Porte? Deux Soutzos* n'ont-ils pas montré une aptitude particulière pour les études d'économie politique?
Les Hellènes de Constantinople qui venaient après les familles admises au gouvernement des principautés, n'avaient pas des goûts moins littéraires. L'éloquent Périclès Arghyropoulos', l'auteur d'un remarquable ouvrage sur les municipalités, Arghyropoulos, qui est mort estimé de tous les partis , ne s'était-il pas placé par ses talents et son désintéressement au premier rang
^M. J. A. Soutzos, professeur d'économie politique à TUni^ versité d'Athènes, et M. N. Soutzos, auteur de la Statistique de la Moldavie, Jassy 1850.
* Fils d'un drogman et né à Constantinople en 1810. On sait le rôle que J. Arghyropoulos a joué en Occident dans la Renaissance.
des hommes d'Etat de la Grèce ? Un de ses collègues à rUniversilé, M. G. A. Rhally , fils d'un chargé d'affaires de la Porte à Paris , n'a-t-il pas mérité la reconnaissance de son pays -par ses remarquables travaux sur le droit canonique et sur le droit commercial ? L'ancien président de l'Aréopage appartient, ainsi que les Arghyropoulos, les Mavroghenis, les Négris, etc., à ces familles parmi lesquelles la Porte a choisi plus d'une fois ses représentants à l'étranger. Les Mavroghenis parvinrent même à faire nommer un des leurs domnu de Moldavie. Ce prince fut l'énergique Nicolas IV Mavroghenis , qui joua en Valaquie le même rôle que Grégoire III Ghika en Moldavie. Après avoir deux fois essayé, par des prodiges de valeur, de chasser les Autrichiens du territoire valaque , il reçut un arrêt de mort en récompense de ses services et fut décapité en 1789*. L'éducation est inséparable du goût des lettres. Les gens les moins favorables à «la haute société î grecque avouent «qu'elle a sans cesse les yeux tournés vers l'Europe, en d'autres
* rxixa<; xai MaupoY£vv)ç.... dit Rhigas-le-Libérateur , qui rapproche, avec raison, ces deux nobles défenseurs de la terre roumaine.