‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 14 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE I

Dans un pays où la marine pourrait s'emparer, — grâce au bas prix des navires qui coûtent deux tiers moins que les navires français, — d'une partie considérable du commerce de la Méditerranée , la culture d'un arbre tel que le pin maritime, qui produit le goudron, et qui peut, quand il est épuisé, fournir du bois de chauffage , doit être, comme dans les environs de Bordeaux et dans les Landes, l'objet de soins particuliers. Parmi les essences forestières, le chêne velani (quercus cegilops) et le chêne à kermès {querc^As coccifera) méritent aussi une protection spéciale. Les larges cupules du chêne velani, nommées avdanèdes, sont employées comme la noix de galle , et sous le nom de vallonnée servent à fixer les couleurs. Le royaume vendait à l'étranger en 1854 pour 1,016,036 drachmes (le drachme vaut 90 centimes) de vallonnée * , que se partageaient r Acarnanie , TEIide , la Messénie , la Laconice, l'Attique et l'île de Kéos. En 1858, l'exportation s'élevait à 974f,84!8 drachmes et à 644,334 en 1859*. La vallonnée étant très-re-

^ Renseignements statistiques sur la Grèce (lithographies), par M. Spiridion Spiliotaky. Tableau K, exportation.

* Tableau général du commerce de la Grèce en 1869. Athènes, impr. royale, 1860.

cherchée en Occident, ces bénéfices pourraient aisément s'accroître. Le kermès est un insecte précieux qui supplée en partie à la cochenille proprement dite et dont on tire la teinture rouge solide qui colore les fess. Quoiqu'il soit répandu d'ans toute la péninsule hellénique, le chêne qui nourrit le kermès ne s'éloigne jamais à une notable distance de la mer. En 1853*, l'exportation du kermès s'est élevée à 57,290 drachmes. Elle semble avoir augmenté depuis', car elle arrivait en 1858 à 89,311 drachmes, et en 1859 à 91,461 drachmes. La Grèce trouverait dans ses forêts bien d'autres ressources si elles étaient exploitées. Mais il faudrait des moyens de communication. Une forêt qu'on ne peut aborder perd presque toute valeur.

Le khani de Casa, avec ses vastes écuries , est plus commode pour les chevaux que pour les touristes. On sait ce que sont les khanis en Orient. Un khani est un abri plus qu'une auberge, les voyageurs n'étant ni assez nombreux ni assez disposés à s'arrêter pour qu'on songe à créer

ht.

* Renseignements statistiques. Ibid. —Le kermès y est désigné sous le nom générique de cochenille,

* Voy. Tableau généraL

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