‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 142 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE III

vaient agir ainsi, la politique des lorys était la honte d'un peuple libre. Son dépari pour la^ Grèce fui une éclatante protestation contre les hypocrites qui Taccusaient d'immoralité et d'impiété et qui servaient avec enthousiasme la cause du harem et de Tesclavage. Dès qu'il fut arrivé, il se montra infatigable dans les soins qu'il prit pour calmer les dissensions intérieures dont il comprenait la gravité et pour faire prévaloir dans la lutte impitoyable des religions et des races des habitudes d'humanité, a: Il croyait les Grecs bons, dit le colonel Stanhope , mais son but était de les rendre meilleurs.» Les scènes pénibles auxquelles il assista ne lui enlevèrent ni son calme ni sa résolution, a J'ai , disait-il avant de mourir, donné à la Grèce mon temps, ma fortune, ma santé, et maintenant je lui donne ma vie. Que pouvais-je faire de plus ? » Missolonghi , inspirée par M. Mavrocordatos, célébra par un denil solennel les funérailles de cet Anglo-Saxon qui sut aimer fraternellement les Hellènes et les Latins ^ Son souvenir est resté vivant dans le coeur des Missolonghiotes. Combien de fois

• En 1821 , Byron , lié avec les carbonari de Ravenne , fu obligé de quitter l'Italie.

M™e Skousé, uièce de Capsalis, qui a connu, dans sa jeunesse, Tauleur de Childe-Harold ^ ne ra'a-t-elle pas parlé de son séjour à Missolonghi, et de cette voix musicale comme le luth d'Apollon , — musical as is Apollo's hUe^, — qui célébrait les grandeurs de la Grèce !

« C'est avec le respect le plus profond, disait plus tard un orateur grec, M. A. Polysoïdis dans un discours prononcé devant le gouvernement, ô ville sacrée de Missolonghi , que je foule en esprit ton sol ensanglanté, quand je songe à tous les prodiges qui se sont renouvelés tant de fois dans ton sein. Faible encore et sans remparts, tu résistas , il y a trois ans, à douze mille Albanais, conduits par Thabile Omer-Vryonis , et lorsqu'ils osèrent t'approcher, tu te vis bientôt environnée d'une foule de ces malheureux, tombés sous les mains redoutables de tes vaillants défenseurs. La journée du 24 décembre est gravée dans ton histoire en lettres d'or et à jamais ineffaçables. A peine fortifiée, tu fis trembler à ton seul aspect le farouche pacha de Scodra% et tu le contraignis à déclarer, en te re-

• Milton , Paradise losU

* Skadar ou Scutari.

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