‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 143 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE lïl · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE lïl

gardant de loin, qu'il le jugeait imprenable.... Je t'appelle sacrée ; et tu l'es, en eflfet, puisque, depuis le commencement de cette guerre , tu es restée sans tache, et que tu n'as jamais été profanée par les pieds des barbares. Je t'appelle sacrée enfin , parce que lu as été jugée digne d'avoir pour défenseurs pendant leur vie, et après leur trépas pour reliques déposées dans ton sein, les plus grands hommes qui brillent dans l'histoire hellénique. Tu possèdes le corps de Kyriakoulis Mavromichalis , qui déploya tant de valeur dans le combat de Spalantza. Tu possèdes les restes du plus grand général et du meilleur citoven de la Grèce , de Marcos Botzaris, qui, dans les plaines de Carpénisi s'éleva au-dessus même de Léonidas. Tu possèdes les os du général allemand Normann , qui combattit et souffrit pour notre liberté autant que nousmêmes * ; enfin , tu gardes dans ton sein le cœur du poëte Byron, qui, après avoir chanté de loin, sur une lyre harmonieuse , la beauté de la Grèce , et déploré ses malheurs avant qu'elle brisât les chaînes de la tyrannie, vint ensuite prendre part à ses combats ; qui , admis au nombre de tes ci-

' il mourut de la fièvre pendant le premier siège.

392 AGARNÂNIE ET ÉTOLIE.

toyens , forma pour ta défense les plans les plus utiles, et qui , frappé d'une mort prématurée, expira avec le doux nom de la Grèce sur les lèvres. » La chute de la capitale de l'Étolie ne fut que retardée par le dévouement de Botzaris et de Byron. Pendant que Ibrahim-pacha conquérait Néocastron (Navarin) en mai 1825 , puis le Péloponèse, le sérasker Mébémet-Reschid-pacha, assisté d'ingénieurs autrichiens S venait mettre le siège devant Missolonghi. Brave, actif, entreprenant, avide de renommée, le séraskei^ trouvait dans le savoir des Occidentaux le moyen de suppléer aux connaissances militaires qui lui manquaient. Missolonghi était mieux préparée à se défendre que lorsque M. Alexandre Mavrocordatos dirigeait les affaires de la Grèce occidentale. Du côté de la mer, des bas-fonds parsemés de bancs de sable et d'ilôts , dont les principaux étaient Clissova, Dolmas et Yasiladis, avaient paru suffisants pour arrêter l'ennemi. Le reste de la ville était couvert par un rempart couronné de bastions et de tours. Chacun de ces ouvrages portait le nom d'un héros

' M. Lavallée , qui est bien loin d'être philhellène , insiste sur ce fait. (Histoire de Turquie, t. II.)

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