‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 144 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE III

de la liberté ou d'un philhellène célèbre , Guillaume Tell, Rhigas, Botzaris, Kyriacoulis, etc. La garnison était composée de quatre mille hommes de la Grèce continentale » Étoliens, Âcarnanes et Souliotes , rudes soldats habitués à l'existence aventureuse des pallicares. Les Souliotes, chassés de leurs rochers, étaient venus représenter dans les murs de Missolonghi la bravoure de l'Albanie chrétienne. Des chefs qui portaient des noms renommés, tels que Notis Botzaris, dernier polémarque de Souli, — le héros du pont de Coracos, qui , en 4822, avait arrêté pendant trois mois toute l'armSe d'Omer- Vryonis devant les rochers de son pays , — se trouvaient à leur tête. Kitsos Tsavellas vint plus lard à travers l'armée turque se joindre à eux, Kitsos était le fils du célèbre Photos^ qui avait rempU de sa renommée l'Albanie tout entière, et défendu ses montagnes natales avec un héroïsme digne de Scanderbeg. A l'extérieur, Karaïskakis, dont la renommée avait grandi depuis le premier siège, devait couper,' autant que possible, les communications des assiégeants avec Amphissa et Aria (anc. Ambracie). On comptait sur Miaoulis et sur sa floUe pour le ravitaillement de la place.

294 AGARNANIE ET ÉTOLIE.

Tous les eflforls du sérasker échouèrent grâce à la bravoure et à l'union des assiégés. Albanais et Asiatiques vinrent se briser contre les fortifications. Les femmes se signalèrent dans tous les assauts que les Hellènes repoussèrent. On les voyait voler au secours des soldats et, sous une grêle de balles et de mitraille, porter des planches, des pierres et même des matelas pour fermer la brèche. Elles afifectaient de se promener dans le bazar ou d'aller puiser de l'eau aux fontaines au moment où les bombes éclataient à côté d'elles. Les jeunes filles montraient la même gaîté et la même intrépidité que leurs mères. Aussi, dans les premiers mois du siège, le nombre des femmes que le feu des Ottomans atteignit, fut peut-être plus considérable que celui des soldats tués. Les enfants eux-mêmes étaient jaloux de rivaliser de bravoure avec leurs mères et avec leurs sœurs. Les jeunes Missolonghiotes et les petits Souliotes, réfugiés dans la ville , exécutaient des manœuvres militaires sur les places , tandis que les bombes éclataient sur la ville et venaient souvent ensanglanter leurs jeux guerriers *. On les vit même, dans un moment périlleux , courir sur les rem-

* Chroniques de Missolonghi.

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