‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 146 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE III

nos vaisseaux ! c'est Miaoulis ! » Après un combat heureux contre les navires turcs , qu'il força à la retraite , Tinlrépide Hydriole put débarquer les provisions de bouche et les munitions envoyées par le gouvernement.

L'accord admirable de toutes les classes rendait inutiles tous les efforts de Reschid. C'est en vain que plusieurs gouvernements, peu dignes du nom de chrétiens, appuyaient les Turcs, aûn de « maintenir l'intégrité de l'empire ottoman;» c'est en vain que le chevalier autrichien Bouratovitch, commandant de la Caroline ^ invitait les assiégés à se rendre ; c'est en vain que les navires européens escortaient les flottes des musulmans , éclairaient leurs mouvements et transportaient leurs soldats*. Les Hellènes ne s'effrayaient pas plus des complots des princes que de la fureur des Turcs. Aussi Reschid désespéré crut-il devoir appeler Ibrahim à son aide.

Le général africain débarqua à Crionéri le 24 décembre avec 8,000 Egyptiens, com-

* «La marine autrichienne, disait un historien pendant la guerre de l'indépendance, traite les Grecs comme si la guerre était déclarée entre Vienne et Napoli (Naupli).» — Fabre, Histoire du siège de Missolonghi, discours préliminaire, p. 51.

mandés par 600 Européens * et organisés régulièreraent. Tant que les Hellènes n'avaient eu à combattre en Morée et dans la Grèce continentale que des troupes étrangères à la lactique occidenlale, l'avantage leur était resté. Mais les Égyptiens , conduits par des officiers de l'Occident, munis d'une bonne artillerie et astreints à une discipline sévère, avaient sur eux des avantages de toute espèce. Cependant l'énergie de la résistance fut égale à la vigueur de l'attaque. Une flotte composée de vingt vaisseaux d'Hydra , de trois navires de Spetzia et de^^uatre bâlimenls de Psara , parmi lesquels. était le brûlot de Canaris, parvint à battre la flotte turque, après une lutte de cinq heures, malgré le nombre des vaisseaux ottomans , malgré la supériorité que leur assuraient la quantité et surtout le calibre de leurs pièces^ malgré les leçons des instructeurs européens. Miaoulis ^ après avoir poursuivi les Turcs, put envoyer Sakhtouris àMissolonghi avec des vivres et des munitions. Ces secours insuffisants n'empêchaient pas )a détresse d'augmenter. Pour remplacer leurs maisons

* Les assiégés nommaient ces mercenaires « rebut de la France», et les troupes régulières du pacha d'Egypte, Gallo- Arabes.

Page 1