‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 150 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE III

mêmes hommes qui ont défendu sa liberté et ses droits sacrés sur les monts escarpés deSouli comme sur les murs délabrés de Missolonghi. > J'ai dû constater avec douleur la part que les mercenaires de l'Occident prirent à la chute de Missolonghi. Si leur conduite excite aujourd'hui l'indignation de toute âme généreuse , on peut aisément s'imaginer l'impression qu'elle produisit, ainsi que la manière d'agir de certaines puissances complices de la Turquie , sur les femmes de la Grèce. Dans le mois même où succombait le boulevard de la Roumélie , plusieurs dames, Hélène Âthanasios, Irène Miaoulis, Marie E. Tombazis, Catherine G. Skousé*, Hélène G. Sahinis, etc., adressèrent aux «amies de l'Hellade » une énergique protestation. « La dévastation et l'embrasement de Cydonie , disaientelles, l'horrible massacre des Chiotes, Tasservissement de la Crète et de TEubée , la catastrophe inouïe de Psara, la flamme et la destruction atteignant les diverses contrées et les cités de l'Hellade, le spectacle des victimes sans

*Blii« Emilie G. Skousé, qui a traduit en grec les Femmes en Orient, appartient à la même famille. Du côté maternel, elle est parente du martyr Capsalis.

nombre qui ont souffert de tant de désastres , sont encore présents à notre imagination. Presque toutes nous avons vu des mères mourir dans les bras de leurs filles ; des filles mourir sous les yeux de leurs parents mourants ; des enfants cherchant un reste de lait sur le sein de leurs mères sacrifiées à la fureur des éternels ennemis des chrétiens. I.a nudité, la famine, le froid et la mort... sont les moindres maux qui se sont offerts à nos yeux... Mais, ô amies de THellade, nous vous assurons qu'aucun de ces malheurs n'a pénétré aussi profondément notre âme que l'inhumanité, pour ne pas dire la cruauté, qu'ont montrée envers notre nation plusieurs de ceux qui se vanlent d'être nés au sein de l'Europe éclairée et civilisée... et, ce qui est plus extraordinaire, d'être les disciples de l'Evangile!... Qui ne s'affligerait pas en voyant tant d'Européens prodiguer des conseils et leur concours aux Turcs..., et les assister dans leurs combats de terre et de mer? Comme si toutes les nations musulmanes n'étaient pas suffisantes contre le petit nombre des soldats de notre peuple! Comme si leurs flottes redoutables et nombreuses n'étaient pas assez fortes pour attaquer

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