‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 151 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE

et couler nos bateaux fragiles et impuissants ! Qui ne frémirait en les voyant associés au croissant, contre une petite nation chrétienne , au moment même où elle combat pour la croix ? Qui peut voir sans indignation et sans la douleur la plus vive, plusieurs de ces hommes qui se disent nos frères , célébrer des fêtes et annoncer des festins aussitôt qu'ils apprennent une nouvelle infortune dont nous sommes accablés ? ï

Tandis que je m'entretenais avec mescompagnons de voyage de ces grands souvenirs, on aperçut , à droite , la cité immortalisée par deux sièges qui rappellent les mémorables défenses de Sagonte et de Sarragosse. Comme le ciel était voilé par les nuages et que les brouillards couvraient les pentes du mont Aracynlhe , Missolonghi, éclairée par un rayon de soleil, brillait au bord des flots , comme si elle eût été couronnée d'une auréole. Arrivé à l'îlot de Haghios- Sosti , on entre dans une barque à voile pour traverser la lagune sans profondeur qui précède la ville. A gauche, dans la lagune, sont des madragues où les poissons vivent comme parqués. Elles sont surmontées de distance en distance

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par de petites cabanes en clayonnage couvertes de jonc. Les pêcheurs y passent tout leur temps. Vis-à-vis de ces cabanes est un îlol où quelques murs indiquent la place de la forteresse Vasiladis. On aperçoit à droite la petite Clisso va, devenue grande par l'héroïsme de Kitsos Tsavellas. Clissova est composée de quelques cabanes de pêcheurs et d'une église entourées par les eaux. On distinguait, à gauche, le golfe charmant d'iEtolikon.

La gracieuse île d'iEtolikon , qui sort des flots dans la partie la plus étroite du golfe , est réunie à la terre ferme par deux ponts et couverte d'oliviers et de bosquets d'orangers.

Après avoir traversé la ville de Missolonghi , bâtie au pied de l'Aracynthe, sur un terrain plus bas que la mer, contre laquelle de nouveaux atterrissements servent de digue , et dont l'aspecl est assez triste , je m'empressai d'aller voir les fortifications et les monuments des héros qui les ont défendus. Deux vieux vétérans , dont l'un avait combattu avec Tzavellas à Clissova, me montrèrent avec un légitime orgueil les murailles de Missolonghi. A quelque distance, vers rOrient, est le monument consacré à Marcos

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