‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 152 sur 284 · PARTIE I. — LIVRE III · texte numérisé non relu

PARTIE I. — LIVRE III

Bolzaris., simple comme sa vie. Sur une des faces on y lit cette inscription en grec ancien : — « Ce monument est élevé à Marcos Botzaris, chef et conducteur de la guerre , dont Tâme pure quitta, pour sa chère pairie, sa dépouille terrestre. La Grèce ne dit jamais que ses braves sont mortels, i^

David d'Angers , l'illustre sculpteur français , a fait en 1827, pour surmonter ce monument , une statue qui n'y était pas à mon passage. Cette statue , qu'on nomme la a; la jeune fille au tombeau de Bolzaris », représente la Grèce sous les traits de l'enfant bien-aimée du grand artiste, qui a visité le royaume quand le coup d'Étal du 2 décembre l'eut jeté dans l'exil. A côté est un tumulus où ont été» ensevelis les palriotes dont le chef sacrifia avec tant d'abnégation sa noble vie à l'indépendance nationale. Entre la tumulus et la tombé de Botzaris , on a placé la partie supérieure d'une presse dont se servit, en employant les caractères apportés par Byron, le philhellène suisse Meyer, pour imprimer les célèbres Chroniques (ou journal) de Missolonghi. On dislingue, du jardin où sont ces monuments, un moulin près duquel Capsalis se fit sauter.

Un jeune peintre grec , M. Vrisakis , a représenlé cette scène dans un grand tableau qui est chez j|me Hypsilantis, à Athènes.

Avant de quitter ces lieux consacrés par lespliis purs souvenirs du patriotisme, où Ton regrette de ne trouver aucun monument érigé à Byron , je déposai un gros bouquet sur la tombe de Botzaris. Fille d'une maison qui sortit autrefois de la belliqueuse Albanie pour aller régner aux bords du Danube , pouvais-je passer à côté du monument d'un héros né , comme mes pères , sur la noble terre albanaise , dans cette lUyrie grecque qui fournit à Alexandre, à Pyrrhus et à Scanderbeg leurs plus intrépides soldats , sans rendre hommage à la mémoire du moderne Épaminondas? Cette mémoii^ doit être d'autant plus chère à tous les chrétiens de l'Orient que Botzaris était exempt de tous les défauts qu'on leur reproche. Sa modestie égalait sa bravoure ; son désintéressement était à la hauteur de son patriotisme; son amour de l'union n'était pas moindre que son énergie.

Après cette excursion aux monuments; j'allai me reposer et recevoir les visites des autorités de Missolonghi. Parmi les habitants qui se joi-

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