PARTIE I. — LIVRE III
car son sang n'a pas délivré sa terre natale d'un joug exécré. Mais il est bon que la poésie et les arts rappellent aux Hellènes du royaume le souvenir des hommes qui ont préparé par leur dévouement l'affranchissement définitif du sol hellénique , ainsi que leurs devoirs envers ceux dans lesquels ils se sont trop habitués à ne voir que des € hétérochthones)), expression qui n'a rien de bien tendre quand il s'agit de frères , et surtout de frères infortunés.
L'auteur de George Papadakis avait été précédé dans la carrière dramatique par M°>e Angelica Bartoloméi , née Palli , originaire de Janina en Épire. Fille d'un riche négociant, qui a été consul de Grèce à Livourne y et élevée en Italie , elle y apprit de bonne heure à exprimer ses pensées dans le magnifique idiome de Dante et de Tasse. Quoiqu'elle ait écrit de très-jolis vers grecs , et que le Didionncdre de la conversation * ait pu la compter parmi ceux qui , (l lorsque le peuple hellénique se souleva contre ses oppresseurs, composèrent des hymnes, des odes et des élégies en l'honneur de la lutte et de la li-
* Dictionnaire de la conversation, supplément, art. Langue et littérature grecques m-dernes.
berté , » elle se distingua surtout par ce talent d'improvisation en italien qu'on admire actuellement chez Gianinna Milli. Plus tard, elle s'occupa de compositions plus durables, et, sans parler d'un grand nombre de poésies qui ont paru dans les principaux recueils périodiques de la péninsule italienne, elle a écrit des tragédies qui ont été très-favorablement accueillies en Italie. On a surtout remarqué Thyesky Corinne et Phrosyne. Elle a aussi obtenu des succès dans le genre romanesque. Alexis ou les derniers jours de Psara passe pour un de ses meilleurs romans. Lorsque je débarquai àLivourne, en revenant de Grèce, W^^ Bartoloméi dirigeait dans cette ville le journal hebdomadaire // Romito.
Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'on voit des femmes grecques cultiver la poésie et les lettres. Manto , Phémonoé , Sappho de Mytilène, Damophile, Théano de Crète, Cléobuline de Linde, Myrtis d'Artédon, Corinne de Tanagra, Télésilla d'Argos avaient, dans l'antiquité, prouvé par leurs poésies que les femmes de toutes les parties de la Grèce avaient le plus vif sentiment de l'idéal. Arignoté de Samos, Damo, fille de Pythagore, Arété, fille d'Aristippe, Laslhénie de