PARTIE I. — LIVRE III
bule de Philippopolis ayant appris à Paris la méthode de renseignement mutuel , Tintroduisit en Grèce en 1821. A cette époque de luttes, ou voit des écoles mutuelles se fonder à Dolis , à Haghios-Petros , à Paros et à Syros , où Gléo-
bule lui-même s*élablit pour former des instituteurs. D'autres Hellènes , secondés par la Société de bienfaisance, l'imitèrent à Tripolis et à Naupli. Peu à peu ces écoles se multiplièrent. Athènes, pour ne citer qu'un exemple, eut une école mutuelle pour les garçons, et, ce qui était plus remarquable à cette époque, une autre pour les filles, dirigée par Nikitoplos. Ces deux écoles étaient entretenues par les monastères de l'Attique. Ce fait prouve que l'enseignement mutuel n'excitait pas en Orient les méfiances qu'il trouvait à la même époque dans le clergé catholique de l'Occident. Il est vrai que ce clergé se défiait moins de la méthode que des maîtres ^ ; car il a toujours travaillé à monopoliser l'enseignement au profit de ces corporations dont le frère Philippe, supérieur des Écoles chrétiennes, a fait lui-même un si effrayant portrait dans la fameuse
* Dictionnaire de conversation, art. Enseignement, par Laurentie.
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circulaire adressée à ses religieux , publiée en 1861 par V Indépendance belge. Les nombreuses sentences émanées, à celte époque, des tribunaux français prouvent, du reste, que le F. Philippe n'avait pas exagéré la gravité du mal.
La fin de la lutte contre les Turcs permit de donner une nouvelle impulsion à Tinstruction primaire. Le président Capodistrias s'attacha à répandre la méthode de l'enseignement mutuel. Il fit traduire par M. J. P. Coconis le Guide de Sarazin. En outre, il fonda à Égine, en 1829, une école mutuelle normale. Zélé pour l'instruction, il n'eût pas manqué de travailler à sa propagation, quand sa mort tragique obligea de nouveau la Grèce à se préoccuper exclusivement de questions politiques.
Lorsque les puissances donnèrent un roi à la Grèce, on était heureusement disposé à comprendre partout l'importance de l'instruction primaire. La France elle-même, qui l'a toujours beaucoup trop dédaignée *, même quand elle accordait aux paysans des droits politiques d'une incalculable portée, s'occupait alors activement
* Un écrit de M. Sauvestre fait un triste tableau de la situation intellectuelle des classes inférieures de ce pays.