PARTIE II. — LIVRE I
pement des villes grecques dans ces derniers temps, il faut toujours se reporter à la fin de la guerre de l'indépendance , et constater dans quel état déplorable les hordes asiatiques et africaines avaient laissé la Grèce. Les Occidentaux doivent naturellement se faire là-dessus de grandes illusions , à cause de leur manière de faire la guerre. Les Français sont entrés deux fois à Vienne sans brûler une maison , et les alliés , à leur tour , ont pris deux fois Paris (1814-1815) sans piller une boutique. Mais l'Asie ne comprend pas ainsi la guerre. Elle la fait comme au temps de Darius , de Xerxès et de Mahomet IL Des scènes telles que le massacre de Chios, de Djeddah, de Damas, etc., montrent que les Musulmans sont restés fidèles aux traditions asiatiques. Aussi la Grèce était si complètement ravagée , — les récits publiés par la commission scientifique envoyée par la France en Morée le constatent de la manière la plus éclatante, — lorsque l'intervention française força les barbares à lâcher leur proie, qu'on s'étonne de ce que les Hellènes aient pu faire sortir des monceaux de ruines accumulées par une guerre d'extermination des citéS' telles que Patras et Athènes.
354 AGHAÏE ET ÉLIDE.
Lorsque les exilés y revinrent, les propriétaires eurent de la peine à reconnaître la place de leurs maisons. Or maintenant Patras a 15,000 habitants , sans compter une population flottante de 7000 âmes. Les maisons en construction étaient estimées, en 4860, environ trois millions de francs. Six églises étaient consacrées aux besoins du culte. Trois écoles dépendaient de rÉtatou delà commune, et six appartenaient à l'enseignement privé. Les trois premières étaient le gymnase (250 élèves) , l'école hellénique (375 élèves) , l'école communale de filles (300 élèves). Un hospice pour les vieillards était situé à une petite distance de la ville. Patras possédait deux banques et sept établissements d'assurances. En fait d'usines, on y remarquait une filature de coton mue par une machine hydraulique, trois fabriques de réglisse, une fabrique de pâtes, un vaste établissement, fondé par actions, pour la fabrication des vins, des tuileries et des tanneries.
Les travaux publics et les voies de communication devaient coûter, pour l'année 1860, la somme de cent mille drachmes.
Le sol, après la guerre de l'indépendance,