‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 174 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE I

était aussi ravagé que la cité. On marchait trois heures aux environs, que Ton comparait autrefois aux plus belles parties de l'Andalousie , sans trouver une racine. Or la terre a été si bien remise en état , que l'éparchie de Patras possédait 40,000 slrèmes de vignes, dont Ï50,000 de raisin commun. Il y a trente ans , 5 ou 6 navires venaient dans le port charger des raisins de Gorinthe ; aujourd'hui l'Angleterre y envoie 400 vaisseaux , qui emportent, outre le raisin, de la laine, de la vallonée, etc. La culture du raisin de Gorinthe, « le plus important des produits agricoles de la Grèce * )) , occupe jusqu'à huit mille ouvriers , hommes et femmes. Le prix moyen de la journée est pour les premiers une drachme et demie à trois drachmes ; le salaire des femmes est moindre.

Sous la domination turque , l'étendue des vignobles de raisin de Gorinthe ne dépassait pas , en Grèce, 20,000 strèmes. En 1858, elle s'élevait à 200,000. Le produit excédant les besoins de la consommation , on a commencé en 4859 à faire du vin, qui est d'une excellente qualité.

* Tableau général du commerce de la Grèce pour 1809, p. 15.

356 ' AGHAÏE ET ÉLIDE.

Les Anglais consomment la plus grande partie du raisin de Corinthe. « Aucune denrée n'intéresse autant le peuple anglais que le raisin de Corinthe >, disait M. Gladstone en proposant la réduction des droits d'entrée. Aussi dès 1849, l'Angleterre en achetait-elle pour six millions de drachmes. Mais l'Allemagne qui, d'accord en cela avec les pays latins , préfère le vin aux 'puàr dings , fabrique du vin et de l'esprit de vin avec presque tout le raisin de Corinthe qu'elle achète. On a même eu la pensée en Grèce de faire du vin avec le raisin sec. Si cet essai réussissait, l'exportation du raisin de Corinthe prendrait beaucoup d'extension dans le Nord , où le transport des liquides ne se fait qu'à grands frais. La culture, qui a pris tant de développement dans le Péloponèse, s'étendrait rapidement; puisqu'il reste dans la péninsule beaucoup de terres favorables à ce genre de produits. Dans un pays où il n'y a ni caves ni bouteilles , le paysan aime à cultiver cette espèce de raisin. Le fruit, qui est violet et de la grosseur d'une groseille, est séché au soleil immédiatement après la vendange et envoyé à sa destination. En 1859 on en a exporté 55,51 5,658 livres deVenise, évaluées à 1 2,557,551

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