‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 175 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE I

drachmes ^ La part de l'Angleterre dans ce chiffre fort satisfaisant est de 10,637,959 drachmes*. Malheureusement la pluie peut gâter la récolte pendant qu'on la sèche, et ruiner ainsi de nombreuses familles; comme cela est arrivé en 1861' . La culture du raisin de Corinthe est donc loin de présenter la même sûreté que la production des céréales ; mais comme elle n'exige point les mêmes dépenses , elle est faite pour plaire dans un pays où manquent les capitaux , qui sont le nerf de l'agriculture aussi bien que le nerf de la guerre.

On comprend qu'un des prélats les plus éminents de l'Église hellénique ait été choisi pour archevêque d'une ville aussi importante que Fatras. Les archevêques de Fatras, ont exercé plus d'une fois une grande influence. Farthénios donna le signal de l'insurrection de 1770. Ghermanos, plus heureux que lui, vit triompher le drapeau de l'indépendance qu'il avait arboré à

* Tableau général du commerce pour 4859. Athènes 1860, p. 23. — Officiel.

*/&fd., p. 4.9.

' Voy. le Précurseur d'Athènes du 3 septembre 1861. — Ce journal évaluait à 1 million de drachmes la perte causée au budget par ce désastre.

Lav^a^ Mîsaïl Apostolide, mort en 1862 , métropolitain d'Athènes et président du saint synode , avait mérité par ses connaissances exceptionnelles de succéder à ces prélats fameux. Ayant fait de fortes études dans les Universités allemandes , il possédait à fond l'hébreu, le grec ancien, le latin, l'allemand, le français et l'italien. Comme les Voulgaris et les Théotokis, il s'est constamment signalé par son zèle pour la propagation de la science , et par une intelligence ouverte à l'esprit de son temps. Je fus frappée de sa taille imposante , de ses manières distinguées et de son air ouvert, quand il vint me voir avec ses prêtres et ses diacres.

Né à la 6n du siècle dernier dans l'ile de Crète , Misaïl remplit les fonctions de professeur ou chef de l'école hellénique de Trieste^ Il inspira à ses élèves non-seulement un attachement filial à sa personne , mais aussi l'ardeur de l'étude et l'esprit de fraternité évangélique. Son onctueuse éloquence assurait à ses discours plus d'influence que le ton menaçant des instituteurs vulgaires. Plus tard, lorsque le prince Othon fut appelé par les grandes puissances à occuper le trône

* On a publié en trois volumes des Mémoires de Ghermanos.

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