‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 176 sur 284 · PARTIE IL — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE IL — LIVRE I

de Grèce, Misaïl fut choisi pour lui apprendre le grec, et lui resta dévoué. Il profita de son séjour à Munich pour y fonder un institut hellénique, qui devint une pépinière de jeunes gens instruits. A son arrivée en Grèce , il fut chaîné d'enseigner le caléchisme, l'histoire sainte et la morale à l'École normale , en même temps qu'il professait la théologie à l'Université d'Athènes. On se rappelle encore à l'Université quel esprit de tolérance et de charité animait ses éloquentes leçons. Gomme prédicateur il n'obtenait pas de moindres succès. Sans être précisément novateur , il se montrait exempt de bigotisme et de tendances rétrogrades. On peut dire qu'il appartenait à l'école du célèbre archimandrite Théoclite Pharmakidis. Or Pharmakidis, très-hostile à l'autocratie spirituelle , personnifiée dans la papauté, n'entendait point qu'on fit triompher dans l'Église orthodoxe des principes analogues aux théories despotiques de Rome. Entre la démocratie religieuse des Calvinistes et le système papal , Pharmakidis croyait qu'il y avait une belle place pour une Église essentiellement parlementaire, qui saurait, grâce aux conciles , éviter les divisions inséparables du libre

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examen , saus tomber dans cette centralisation qui a eu pour conséquences nécessaires l'Inquisition, Y Index et la condamnation de toutes les libertés du monde moderne. Iconomos, au contraire , sans accepter le Pape , n'éprouvait aucune répugnance pour certaines idées ou institutions plus conformes, en réalité, à l'esprit du catholicisme romain qu'aux véritables aspirations de l'Église orientale. La lutte était donc inévitable entre Pharmakidis et Iconomos. Misait, d'un caractère beaucoup plus pacifique que Pharmakidis , tout en partageant ses convictions , n'approuvait pas toujours sa manière de les défendre. La situation de la Grèce , qui ne permettait pas aux deux partis de rester sur le terrain des spéculations , donnait aux discussions une vivacité que les dissensions politiques aggravaient encore. Avant la guerre de l'indépendance , le royaume actuel relevait, comme toutes les provinces helléniques, du patriarche de Constantinople. Pendant la durée de l'insurrection , ce prélat envoya des exarques en Grèce pour exhorter le peuple à rester spus sa juridiction. Mais la nation n'était guère disposée à recevoir les ordres d'un sujet dnpadishah. Le président Capodistrias n'eut

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