‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 177 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE I

pas le temps de régler cette grave affaire. La régence , qui gouverna pendant la minorité du roi , favorisa la nationalisation de l'Église hellénique, sans parvenir à rien faire de définitif. Pharmakidis s'irritait des indécisions du gouvernement. En effet, puisque l'Église roumaine , et plus tard l'Eglise russe, et enfin l'Eglise serbe avaient pu se nationaliser, sans encourir les anathèmes du patriarche , il était d'autant plus difficile de contester le droit de l'Eglise hellénique à l'autonomie que les Orientaux , d'accord avec l'histoire, regardent l'établissement des patriarcats de Rome, de Gonstantinople, d'Alexandrie, de Jérusalem et d'Antioche comme une institution complètement humaine que de nouveaux arrangements peuvent modifier*. Tout en avouant ce fait, Iconomos et ses partisans prétendaient qu'un concile œcuménique serait seul compétent pour modifier l'œuvre des anciens synodes. Une transaction intervint. Le patriarche consentit à

émanciper l'Eglise hellénique, comme un de ses prédécesseurs avait émancipé l'Église russe. Il faut avouer que Gonstantinople a montré,

^Voy. Macaire, Introduction à la théologie orthodoxe, trad. du russe. Genève, Cherbuliez.

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en pareil cas, une sagesse^ contrastant avec l'obstination traditionnelle des patriarches de Rome , qui ont combattu par le fer et par le feu la nationalisation, pourtant inévitable, des Églises occidentales. Mais le T<^{iioç ou bulle du patriarche contenait des doctrines qui parurent à PharmakidiS; contraires aux droits imprescriptibles des Églises. Il écrivit donc un ouvrage célèbre contre Tacte patriarcal (Athènes , 1852, libr. Anghélidis), lequel produisit tant

d'impression que les chambres en adoptèrent toutes les idées.

Lorsque la lutte fut terminée , Misaïl fut envoyé à Saint-Pétersbourg pour établir des relations entre l'Église russe et l'Église nouvellement émancipée. Il y montra une prudence , un tact et une dignité personnelles qui charmèrent l'aristocratie russe. A son retour, il fut élevé.au siège archiépiscopal dont on a attribué la fondation à l'apôlre saint André. Il n'était pas difficile de constater que l'Achaïe était fière d'un prélat dont la charité inspirait les actes. La

* Depuis cette époque , le patriarchat s'est opposé , avec une obstination dont les conséquences seront nécessairement déplorables, à la nationalisation de l'Église bulgare.

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