‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 178 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE I

veille de mon arrivée , il avait fait un discours louchant sur V Amour du prochain ^ conforme aux traditions de saint Jean Chrysostome. Il déployait un zèle ardent pour les chrétiens de Syrie. On a dit bien des fois que l'orthodoxie des Hellènes consiste à haïr les Latins. Ils ont, dans cette occasion , prouvé qu'ils pouvaient obéir à des inspirations plus chrétiennes. A Patras , les offrandes s'élevèrent un seul jour à la somme de 2500 fr. Les ouvriers, les veuves, les orphelins apportaient leur obole pour ces Maronites qui ont autrefois , sans aucun motif raisonnable, abandonné l'Église orientale. L'archevêque faisait lire des prières en faveur des victimes de la barbarie druse , et montrait autant d'ardeur à secourir ceux qui avaient échappé au massacre que s'ils eussent appartenu à son troupeau. Les autres prélats grecs en firent autant. A cette époque , l'Église de Rome qu'on dit , malgré les faits, supérieure à la nôtre, convoquait à grands cris , dans tout le monde catholique , des croisés qui lui permissent de recommencer l'abominable boucherie de Pérouse *, etelle se montrait infiniment moins soucieuse de secourir les catholi-

* Voy. les allocutions de Pie IX à cette époque.

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ques du Liban que « d'écraser ^ les catholiques italiens, assez impies pour préférer le roi galant homme aux sbires du cardinal Anton^lli !

L'éminenl archevêque de Patras voulut bien me promettre la seconde édition de son Bfanud de la morale chrétienne , qu'à mon retour à Athènes son neveu m'offrit de sa part ^ Ce livre, écrit en grec moderne , — la première édition était en grec ancien , — se distingue par la précision , Fonction et la grâce du style , par des vues larges et un esprit philosophique. Sans doute, dans un traité de morale chrétienne, Tauteur doit prendre son point de départ dans la révélation. Mais Misaïl se garde d'entasser, comme on le fait trop souvent, les textes scripturaires. Au contraire, il sait concilier, comme les anciens Pères grecs, les prophètes de la Judée avec les sages de son pays. Dans son ingénieuse peinture des vertus et des vices, on reconnaît un disciple de l'Évangile, qui n'a pas oublié les Caractères de Théophraste. Telle était la méthode des hommes qui, en Orient, ont élevé si haut la gloire du chris-

* Manuel de la morale chrétienne ^ par Misaïl Apostolide, archimandrite et professeur de théologie à FUniversité. Athènes, impr. Vlastos, 1849.

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