‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 180 sur 284 · PARTIE II. -— LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE II. -— LIVRE I

Atbénagore, les Théophile, lesPantène , lesOrigène, les Clément d'Alexandrie, lesïrénée, etc., qui reconnurent sans peine en lui la religion de l'esprit proclamée par Pythagore, pour laquelle Anaxagore avait souffert Texil et Socrate le dernier supplice , et dont Platon avait ardemment désiré le triomphe. Je sais qu'on m'opposera, avec l'auteur du Voyage dans le Levant , les erreurs et les fautes des sages de la Grèce. Mais les prophètes de la Judée en ont-ils été exempts? Moïse n'a-t-il pas été impitoyable ; David vindicatif; Saloraon idolâtre? S'ils ont proclamé l'unité de Dieu, ce dogme favori de la race sémitique, n'ont-ils pas eu trop souvent de sa nature et de ses attributs des idées excessivement imparfaites ? Quand ils parlent de l'âme, n'emploientils pas les formules qu'on reproche le plus sévèrement aux Stoïciens*? Personne, dans les temps anciens, n'a eu le droit de dire qu'il a adoré l'Eternel «en esprit et en vérité. » Tous ont, plus ou moins, Élie comme Platon, Salomon comme Socrate, Zenon comme Isaïe, subi l'influence du milieu dans lequel ils ont vécu,

*Voy. Lévitique^ XVII, 11; Deutéronome y XU, 23; Ecclégiaste, m, 21.

368 AGHAÏE ET ÉLIDE.

et éprouvé les défaillances de siècles privés delà lumière dont nous sommes si fiers que nous en devenons presque toujours injustes dans nos appréciations du passé.

A six heures du matin , je montai à cheval pour quitter Patras, après avoir pris congé de M. et de Mad. Pausanias Khoïdas, dont l'hospitalité s'était montrée si gracieuse. M. Soutzos m'accompagna à quelque distance de la ville. Le chemin que je devais parcourir était tracé au bord des golfes de Patras et de Corinthe. Après avoir suivi les dernières pentes du mont Panachaïcos, tapissées de giroflées de Mahon, je trouvai une plaine longue et étroite, couverte de vignobles. La vigne de Corinthe , dont le feuillage est plus fin et d'un vert plus tendre que le feuillage de la vigne ordinaire, me parut un très-gracieux arbuste. Là où manquent les vignes poussent les myrtes fleuris , les grenadiers aux fleurs de pourpre, les lentisques dont le fruit ressemble aux grains de corail , les platanes aux larges feuilles , les figuiers et les oliviers sauvages , asile des ramiers , des loriots et des mélodieux rossignols. Partout où se trouve le lit d'un torrent, surgissent des toufi'es de lauriers-

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