‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 183 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE I

chrétiens des deux sexes furent vendus à l'encan dans réyalet de Roum-ili et dans TAfrique septentrionale. Plus de 80,000 personnes perdirent la liberté et la vie à la suite des événements de 1770. Ces affreux brigandages finirent par lasser les Turcs eux-mêmes, puisque , en 1779, Hassan- Pacha fut envoyé par Abdoul-Hamid pour exterminer les Albanais. Mais les successeurs de ce pacha, Hadji-Ibrahim , ancien chef de voleurs, et son fils, Ali-bey, ne se montrèrent ni moins féroces ni moins cupides que les Chkipétars. Au milieu de ces désastres, iEgium fut brûlée. Elle commençait à sortir de ses ruines lorsque le tremblement de terre de 1817 la transforma en un monceau de décombres. Saccagée pendant la guerre de Tindépendance , elle travaille maintenant à réparer tous les malheurs dont elle a été victime.

A iËgium j'avais pour hôte M. Sotiri Messinesis, chez lequel je reçus l'éparque, le dimarque (maire) et le mirarque (capitaine des gendarmes). M. Messinesis avait épousé la sœur de Londos, un des primats du pays. La classe des primats (TrpoeffToi) ou éphores, nonâmés par les Turcs kodja-bachis (doyens), exerçait une

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grande influence à Tépoque de la guerre de Tindépendance. Mais leur autorité était plus ou moins étendue selon les circonstances. Dans certaines contrées , en vertu du bérat (diplôme impérial) dont ils étaient munis et de l'appui qu'ils trouvaient dans le patriarche et chez les grandsinterprètes de la Sublime-Porte, les évéques étaient les véritables chefs des communautés helléniques. Les choses se passaient ainsi dans les îles d'Eubée, de Rhodes, de Cypre, de Crète, de Cos et de Mytilène, en Thrace, dans plusieurs cités de la Macédoine , de la Thessalie, de l'Epire et du Péloponèse , enfin dans tous les lieux où les Ottomans s'étaient solidement établis , et où ils avaient des pachas ou d'autres fonctionnaires d'un rang élevé. Là les notables se bornaient à aider l'évêque dans son administration civile, comme les oflSciers ecclésiastiques de Constantinople, le grand-logothète , le scévophylax, le cartophylax , etc. , servaient d'auxiliaires au patriarche, dans les affaires du même genre. Hais dans les localités où les Turcs n'avaient pas fixé leur demeure, les municipalités, composées des individus les plus influents, avaient une action beaucoup plus indépendante. AChios, à Saraos,

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