‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 191 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE I

rieux , les dissidents abondent : l'Angleterre est le pays des sectes ; l'Espagne est le pays de l'unité. La même observation s'applique à l'Europe orientale. Les sectes pullulent dans l'empire des tsars, ainsi que l'ont prouvé les auteurs russes du Raskol et des Études religiemes^sur la Russie , et avant eux MM. de Maistre et Haxthausen. 11 s'en faut qu'il en soit de même au Midi, où les Roumains , les Slaves du Sud et les Hellènes ne montrent ordinairement que du dédain pour les graves problèmes qui agitent en Russie tant de simples paysans. Mais les rares penseurs qui s'occupent dans les pays méridionaux de questions religieuses, se montrent volontiers plus hardis que leurs contemporains du Nord. Assurément l'Espagnol Servet et le Toscan Lélio Socin professaient des doctrines capables de scandaliser le Picard Calvin et le Saxon Luther. C'est ainsi qu'on a vu , de nos jours , un prêtre d'Andros, Théophile Caïris, essayer de substituer à la dogmatique de l'Église orthodoxe des doctrines qui ressemblent beaucoup plus à la profession de foi du vicaire savoyard qu'au symbole de saint Athanase et à la théologie de saint Jean de Damas.

390 ÂCHAÏE ET ÉLIDE.

Après la révolution hellénique, Gaïris se mit à parcourir l'Europe afin d'obtenir des familles grecques , établies dans plusieurs grandes villes commerçantes « les fonds nécessaires à l'établissement d'un Institut d'orphelins. Cette maison ayant été fondée à Andros en 1834, le directeur y fit régner un tel ordre et un tel amour de l'étude y il donna à ses- élèves un exemple si frappant d'une vie studieuse et régulière, que les jeunes gens y accoururent en foule de toutes les parties du royaume et des provinces restées esclaves. Mais l'enseignement n'était pour Gaïris qu'un moyen de propagande. Il est probable qu'il avait été frappé de la rapide diffusion de l'arianisme. En effet, sous le règne de Constance, cette hérésie envahit les deux empires d'Orient et d'Occident et devint si populaire parmi les nations barbares , que les Goths , les Vaindales, les Bourguignons et les Lombards l'embrassèrent, et qu'un moment elle dut ^e croire maîtresse de l'univers chrétien. Il avait pu se convaincre, dans ses voyages en Occident, qjie la réformation avait donné à l'arianisme, un nouvel et puissant élan. Il avait constaté sans doute que même dans beaucoup depro-

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