‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 192 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE I

vinces catholiques les classes lettrées sont assez disposées à mettre la théologie de Channing, de Théodore Parker et d'Athanase Coqiierel audessus des décisions du synode de Nicée. Au commencement, Caïris put croire qu'il entraînerait beaucoup de ses concitoyens dans la même direction. «Sa grande érudition et sa moralité exemplaire», louées dans un ouvrage catholique^, faisaient sur les imaginations la même impression que Taustérité de Calvin et de Saint-Cyran produisirent autrefois à Genève et à Paris. Ses élèves, la majorité des insulaires d'Andros, une partie des prêtres de village et des habitants des îles voisines , embrassèrent le caïrisme , que les jeunes gens de l'Institut propagèrent pendant les vacances jusqu'aux extrémités de la Turquie. En moins de six ans, le nouvel arianisme prit une telle extension , que le patriarche de Gonstantinople et le gouvernement hellénique s'alarmèrent à la fois. On sait quelle rude guerre un empereur d'une race peu tolérante, l'Espagnol Théodose, fit en Orient aux Ariens. Quoique les lois aient depuis celte

* L'Eglise orientale y par M. Pitzipios. — L'auteur a lui-même réfuté ce premier écrit dans le Romanisme.

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époque perdu beaucoup de leur sévérité , elles sont encore dans toute l'Europe , — il suffit de citer TEspagne catholique, la Suède prolestante et la Russie orthodoxe, — peu favorables au prosélytisme, sans lequel pourtant la liberté de conscience sera toujours fort incomplète et les Églises officielles exposées à s'engourdir dans la plus misérable torpeur et dans une ignorance incurable. La Grèce n'est pas sur ce point beaucoup plus avancée que la patrie du grand Gustave-Adolphe. En 4851 , Caïris fut traduit devant les tribunaux a comme enseignant des principes religieux défendus par les lois du pays.» Calvin lui eût réservé le supplice atroce deServet; l'ancienne république de Berne, Téchafaud de Valentin Gentilis ; la Rome de Clément VIII , le bûcher de Bruno. Les partisans du docte vieillard , — il avait alors quatre-vingt-deux ans, — firent d'éneipques efforts pour le défendre. Ils répétaient que Tancienne Église orientale faisait au libre examen une pari considérable, qu'elle avait laissé saint Justin, philosophe et martyr, enseigner que le Verbe est inférieur au Père; Jean-à-la-Bouche-d'Or se passionner pour un éritable communisme ; d'autres Pères contester

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