PARTIE II. — LIVRE I
vigoureusement l'éternité des peines de l'enfer*, etc., en un mol qu'elle avait accordé à ses plus éminents docteurs une liberté qu'on ne pouvait refuser aux savants du dix-neuvième siècle. Les adversaires du Caïrisme répondaient, que l'Église orthodoxe mérite, des ménagements de toute espèce; qu'elle n'a rien de commun avec l'Eglise romaine alliée des Autrichiens contre l'Italie; qu'elle a rendu trop de services dans la guerre de l'indépendance et qu'elle pourrait encore contribuer trop efficacement à soulever les provinces restées esclaves contre la dominalion étrangère, pour qu'il fût juste et prudent de la laisser déchirer et ruiner par l'esprit de secte. Ils ajoutaient que son maintien importe à la gloire du pays; puisqu'on lui devait d'avoir fait entrer, d'une manière si efficace, les Roumains ,*les Serbes , les Russes , les Bulgares dans la sphère de la civilisation hellénique, que les Occidentaux nommaient «Eglise grecque» toutes les Églises orthodoxes de l'Orient. L'antipathie que les novateurs inspirent toujours à la foule
* Encore aujourd'hui TÉglise orientale admet leur mitigation, ainsi que le prouve une très-curieuse dissertation d'Ëmery, supérieur de Saint-Sulpice , que Rome a essayé d'anéantir. Voy. Carie, VEnfer,
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venant en aide à l'ai^umentation des politiques favorables à l'orthodoxie , Gaïris fut condamné à sept ans de détention. Il mourut en prison quelques jours après. Mais ses idées n'ont pas péri avec lui , quoique son sort ait obligé ses partisans à travailler en secret à la propagation du caïrisme.
Il parait que le disciple de Gaïris, qui s'était introduit aux Taxiarques, n'y a pas fait de prosélytes , autant que j'en pus juger par la conversation des moines. Lorsque cette conversation se fut prolongée, la lassitude me gagnant, j'ôtai mon chapeau d'un air fatigué. Les caloyers me firent compliment de la beauté du laurier qui l'entourait. « G'est à vous, mes pères, leur dis-je en riant , que je dois ma couronne, b Sans pouvoir eux-mêmes s'empêcher de sourire, ils me dirent que je devais être fort lassée et qu'ils allaient me laisser reposer avant le dîner. L'igouménos rangea lui-même les coussins , me couvrit de draps très -blancs avec une bonhomie véritablement orientale, et se retira en m'assurant qu'il aurait soin qu'on ne troublât point mon sommeil. Mais, au lieu de faire la sieste, je me relevai sur-le-champ pour examiner à mon