PARTIE II. — LIVRE I
tisme autrichien * , est un des hommes qui ont le plus contribué à la renaissance de la Grèce. Depuis le soulèvement de 1769, le grand mouvement de la révolution française, destiné à transformer FEurope , s'étant communiqué à rOrient, un nouvel horizon, — Colocotronis , peu favorable aux idées occidentales , en faisïiit lui-même la remarque , — s'ouvrit aux yeux des Hellènes. Les hommes qui désiraient passionnément Faflfranclîissement de leur patrie, s'aperçurent heureusement que, lorsqu'il s'agit de réveiller une nationalité , il faut avant tout ressusciter son âme. L'insurrection grecque a réussi parce qu'elle a été longuement préparée dans l'ordre intellectuel , par ces esprits actifs et persévérants qui avaient dévoué toute leur existence à la patrie, tels que les Coraï, les Iconomos, les Ghennadios et les Asopios. Coraï, de Chios, n*a pas seulement exercé une immense influence
de Vienne (Vapereau, Dictionnaire des contemporains), la presse
vénale, dont parle le duc d'Aumale dans V Allemagne en 4860,
reçut ordre de Taccabler de calomnies qui furent la cause de
sa mort tragique.
* a La connivence évidente du gouvernement autrichien , dit
un Anglais , dans cette odieuse aventure est une tache dont le
cabinet de Vienne ne saurait se laver. » (Edward Blaquières ^
Révolution de la Grèce , chap. II.)
398 AGHAÏE ET ÉLIDE.
sur Tépuralion de la langue de son pays, il a aussi travaillé par ses longs prolégomènes aux auteurs anciens , à communiquer à ses compatriotes les idées de 1789, et il a mérité par ses généreux efforts une place éminente parmi les principaux réformateurs de la Grèce, George Ghennadios, enfant de cette Epire, à laquelle rOrienl doit tant d^illustrations civiles et militaires , acquit une belle réputation dans l'enseignement. Fondateur des excellents gymnases de Bukarest, d'Egine et d'Athènes, il a travaillé dans sa chaire à la glorieuse renaissance de la Grèce. Intrépide, ainsi que tous les Albanais, il défendit par ses exhortations guerrières la cause qu'il avait soutenue dans son enseignement. Un compatriote de Ghennadios, M. Constantin Asopios, philologue et critique renommé, qui a survécu à ces hommes illustres, fut, au début de sa carrière, un des principaux rédacteurs du Mercure littéraire , qui eut une action décisive sur le réveil de la nationalité grecque. Mais on doit mettre en première ligne Rhigas-le-Libérateur, victime auguste de la politique autrichienne. Ce fut à Bukarest , où régnaient alors des domni de sa nation, que l'infatigable Thessalien corn-