‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 197 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE I

paré pour le génie à des hommes qui sont Téter* nel honneur de la Grèce et du christianisme; mais ses tendances font de lui un digne continuateur de leurs immortels travaux; mais il comprit comme eux que , tout en critiquant les idées despotiques et étroites du patriarchat romain, il fallait se préserver soigneusement des erreurs qui ont séduit toutes les populations latines, excepté les Roumains , lesquels ont eu la gloire de résister avec une énergie persévérante au funeste entraînement de leur race vers la théocratie*.

L'archimandrite Théoclite Pharmakidis , après avoir été ordonné prêtre à Bukarest en 1811, fut chargé dé desservir un^ église de Vienne. Ses aptitudes littéraires se prononcèrent de si bonne heure , qu'il devint un des principaux collaborateurs du Mercure savant, dont j'ai signalé l'influence, et que le comte de Guilford, philhellène zélé, fondateur de l'Université de Corfou , l'appela à la nouvelle Université pour y pro-

* On leur a tant de fois reproché cette inébranlable fermeté en Occident, que j'ai cru devoir les justifier dans / Rumeni ed il Papato. Cet écrit a paru en français dans le Spectateur de l'Orient^ revue d'Athènes.

402 AGHAÏE ET ÉLIDE.

fesser la théologie. Mais comme les Universités allemandes sont , grâce à une organisation libérale , que les Orientaux feront bien d'imiter, le foyer de la science européenne, Guilford crut rendre service à la Grèce en envoyant à Gœttingen, où ont enseigné lesBlumenbach, les Heeren, les Ottfried Mûller et les frères Grimm, un professeur qui paraissait très-capable d'initier ses compatriotes au mouvement intellectuel qui , depuis trois siècles , transforme l'Europe occidentale. Lorsque la guerre de l'indépendance éclata, Pbarmakidis était plus que personne propre à contribuer au développement des esprits, et à traiter avec le même savoir les questions politiques et les questions religieuses, rattachées entre elles par des liens tellement intimes qu'on est étonné de voir si souvent méconnaître cette connexion. Aussi, en 1825, le gouvernement hellénique le chargea-t-il de rédiger la feuille officielle qui se publiait à Naupli. Capodistrias , dont l'orthodoxie manquait de4argeur, le tint éloigné des affaires. Mais il était difficile de se passer longtemps d'un homme aussi distingué. Sous la régence bavaroise, il fut nommé secrétaire du Saint-Synode. Sa tâche n'était pas

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