PARTIE II. — LIVRE I
exemple de difficultés. Même en Grèce, on ne manqua pas d'accuser Pharmakidis d'être un adversaire des libertés ecclésiastiques, et de sacrifier l'Église orlhodoxe à l'État. Mais l'auteur du SovoSixo; TOfxoç n'était pas disposé à s'effrayer de pareilles manifestations ni à renoncer à des idées qu'il croyait utiles au progrès de son pays. « Si de la vérité doit naître quelque scandale, disait-il avec saint Jérôme au début du Synodicos tomos , il vaut mieux que le scandale ' naisse que de perdre la vérité. » Pharmakidis devait l'emporter dans un pays comme la Grèce, où la théocratie n'a pas de racines. Les droits de l'État furent garantis contre les prétentions que pourrait élever un patriarche de Constantinople, à qui ses titres de «très-saint» et de «patriarche œcuménique» donneraient envie d'imiter les envahissements du « serviteur des serviteurs de Dieu. »
Quand on crut que j'étais assez reposée, on me servit, vers deux heures, un dîner composé de viandes, auquel l'igouménos prit part. Les religieux les plus âgés étaient assis autour de nous. L'entretien qui s'engagea me prouva que les moines des Taxiarques ne s'étaient pas mon-
AGHAIE ET ELIDE.
très moins résolus que les caloyers du Mont- ÂthoSy dans la guerre de l'indépendance. Lorsque le bourreau du Péloponèse fut arrivé au bord de la rivière , les moines qui avaient fait une provision d'armes, marchèrent bravement audevant de lui. Pensant que cette audace ne pouvait s'expliquer que par la présence de nombreux pallicares postés dans un monastère aussi facile à défendre , à cause de ses murailles et de " sa situation, Ibrahim crut prudent d'ajourner la conquête des Taxiarques. Mais la puissance qui avait contribué à Navarin à anéantir la flotte des Égyptiens, ne lui permit pas d'accomplir ses projets, et les hordes de l'Afrique disparurent devant le drapeau de la France, comme les chacals s'enfuient quand ils entendent le rugissement des lions.
Le couvent des Taxiarques est si ancien , qu'il a vu, bien avant la guerre de l'indépendance, passer sous ses murs des légions de barbares. C'est au vieux monastère , où l'on montre la cellule du célèbre anachorète saint Léonce , que les fondateurs du couvent s'établirent dans une position inexpugnable. Chaque jour de nouvelles bandes se précipitaient, tantôt du Nord et tantôt