‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 199 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE I

de rOccident, sur TAttique el sur la péninsule. On comprend pourquoi. les fondateurs des couvents helléniques cherchèrent au sommet des monts les plus escarpés un refuge contre ces perpétuelles invasions , qui développaient le goût de la vie monastique , en livrant les provinces de la Grèce à la plus incurable anarchie. Il était naturel qu'on s'imaginât qu'une terre si souvent foulée aux pieds fût incapable de renaître. La tristesse que le présent inspirait portait à désespérer de l'avenir. Mais la Providence, qui avait des vues sur la Grèce , fit de ce désespoir même un moyen de régénération. Les monastères conservèrent le dépôt des traditions littéraires et des souvenirs patriotiques et religieux.

L'ancien couvent des Taxiarques, construit sur un des versants des monts Aroaniens , était une de ces retraites destinées à abriter tous ces précieux trésors. Le sentier tortueux et désert qui y conduit maintenant est difficile à reconnaître. On trouve d'abord des écuries délabrées , où les pèlerins attachaient leurs chevaux. Audessus , collés à la montagne , sont des débris d'anciennes cellules. Un édifice sacré, dédié probablement à la Vierge-portière (Portaïtissa) ,

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usage qu'on retrouve au mont Athos, tient la place des anciens baptistères. Vis-à-vis on voit une série de cellules , dont il ne reste que le premier étage. Le catholicon est une très-belle église, d'un style byzantin plein de grâce, et dont les fresques, autant qu'on en peut juger, étaient d'un bon dessin et d'un goût pur. A côté, un escalier en marbre, véritablement aérien, complété par un escalier en bois , très-mal entretenu , mène par une ouverture fort étroite à la chapelle de saint Léonce , dont les fresques sont dignes d'être remarquées. On va y dire la messe le mardi de Pâques. Au-dessus existe la cellule du célèbre ascète.

11 y a quatre siècles et demi, les caloyers construisirent le nouveau couvent. L'ancien fut abandonné à des ermites. Une partie était encore habitée lors de l'insurrection du Péloponèse (1770), suscitée par Catherine II. Depuis qu'une nouvelle insurrection a triomphé, le communisme, qui était la base de l'ancienne règle, a été sérieusement modifié. Les moines ne mangent plus ensemble, excepté un jour. Ce jour-là on va dire la messe au vieux couvent, et l'on psalmodie une grande litanie. Ils ont chacun leur petit jardin,

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