PARTIE II. — LIVRE I
Slaves de l'Est. Us ne semblaient pas, par exemple , soupçonner l'influence immense des sectes sur les classes inférieures de la Russie*, et je ne les ai jamais entendus parler des tendances ouvertement philosophiques de Taristocratie. Ce genre d'illusions est facile à comprendre. On est toujours particulièrement frappé des inconvénients qu'on a sans cesse sous les yeux. C'est ainsi que le clergé français, qui exalte tant l'Autriche, — dans le ATonde (octobre 1860) l'Autriche est représentée comme la puissance catholique par excellence, — s'accommoderait probablement fort mal du régime sévère que le prince de Metternich imposait à la théocratie , régime qui a été , depuis Joseph II jusqu'à François-Joseph, une tradition presque constante des Césars de Vienne. Il est également douteux que les caloyers de la Grèce trouvassent de leur goût les lois de Pierre I^r, d'Anne et de Calherine-la-Grande ^ , lois qui ont tant de fois et si
^Voy. le Raskol, par un Russe.
* « Catherine s'étant emparée des domaines des couvents en même temps que de ceux de TÉglise entière » , sut faire respecter ses décrets. Elle jeta dans une prison, où il mourut, Tarchevêque de Rostof, Matziéfsky, qui avait protesté « contre la spoliation des domaines de TÉglise » (Etudes religieuses sur la Russie, p. 237 et 351. Paris 1858).
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énergiquementremédié aux abus du monachisme et des influences théocratiques , et qui arrachent aux auteurs de La Riissie sera-t-elie catholique? et des Etudes religiet^es sur la Russie de véritables gémissements. Les partisans de la théocratie en sont si peu contents qu'ils vont jusqu'à dire que € toutes les entraves apportées au développement du clergé régulier par les mesures arbitraires de l'État sont faites pour dégoûter > ceux qui voudraient entrer dans les couvents. C'est ainsi c qu'il n'est permis de prendre les ordres qu'à quarante ans. > Cette prudente mesure, qui « ferme l'entrée à la jeunesse *, » excite une indignation spéciale , comme si les vœux arrachés à cette jeunesse essentiellement irréfléchie , n'introduisaient pas ailleurs dans les cloîtres des passions eflrénées , dont la chronique remplirait une histoire des Moines d'Occident aussi volumineuse que celle de M. le comte de Montalembert*.
Ainsi, le «mauvais esprit i) du siècle existe même en Russie et « toutes les classes de la société en sont atteintes*. » L'igouménos , qui sem-
^ Études religieuses sur la Russie, trad. de Tallemand, p. â50. *Voy. spécialement Dabbadie, A travers VAmérique du Sud. ^Ibid.y Études religieuses , p. 337.