PARTIE II. — LIVRE I
au COU des décorations, Tune hellénique et Tautre russe.
Constantin Iconoraos était ^ comme Rhigos, né dans cette Thessalie que la diplomatie appelle une «province turque. » Fils d'un protopapas (archiprêtre) très-instruit, il hérita de la profession de son père et de son goût pour les études philologiques. Mais l'amour des lettres n'empêchait pas le jeune prêtre de songer à l'affranchissement de sa terre natale. J'ai dit ailleurs comment l'intrépide Vlakhavas trouva un compagnon digne de lui dans l'héroïque moine < Dimitri , que les Turcs ensevelirent vivant et dont j'ai raconté l'histoire dans les Ees Ioniennes *. Il paraît que C. Iconomos n'était pas étranger aux projets de Vlakhavas et de Dimitri; car Ali-Pacha le fit mettre en prison en 1806 , et il n'en sortit q j'en payant une forte rançon à l'avare vizir de Janina. Chargé en 1809 de la direction du gymnase de Smyrne , il trouva pendant dix ans mille occasions de propager parmi ses élèves l'ardeur patriotique qui lui avait inspiré tant de sympathie pour l'entreprise de Vlakhavas. On peut dire qu'il travaillait moins à former des savants que
* Athènes 1860 , 1 vol. in-18 , impr. D. irinidis.
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des soldats pour là guerre de l'indépendance. La réputation d'éloquence qu'il s'était acquise en Asie , le fit appeler en 1819 à Constantinople, comme prédicateur du trône œcuménique. Cette même année reparaissait sur ce siège fameux l'ancien chef de l'Église de Smyrne , Grégoire , que son zèle pour la langue et les lettres helléniques disposait à s'entendre avec Iconomos. Mais de sinistres événements ne leur permirent pas de travailler ensemble à la renaissance de la littérature nationale. Lorsqu'on apprit à Constantinople l'entrée d'A. Hypsilantis dans les principautés roumaines, une foule d'Hellènes furent égorgés par la multitude fanatique, soulevée par les sophtas (étudiants), ou torturés dans les cachots obscurs des Sept-Tours et dans les caveaux humides du bagne. Là , sous le règne du sultan réformateur, Mahmoud II, on leur appliquait sur la tète des tasses de fer rouge; on leur arrachait les yeux avec des pinces brûlantes, ou on leur brisait les genoux à coups de marteau. Le patriarche fut accroché à un gibet, comme les nobles chefs magyars, pendus à Arad avec le comte L. Batthyanyi par les ordres du « chevaleresque» François-Joseph. Outre le patriarche,