PARTIE II. — LIVRE I
tra la cause naturelle des maladies réputées sacrées. Il prouva qu'on avait grand tort d'attribuer répilepsie à un démon. « Pour moi , dit-il (De l'air et des lietix^ 21 , 22), je pense que la maladie des Scythes n'a pas un caractère surnaturel et qu'elle vient de la divinité comme toutes les maladies; qu'aucune n'est plus divine ni plus humaine que l'autre, mais que toutes sont semblables et que toutes sont divines. Chaque maladie a, comme celle-là, une cause naturelle, et sans cause naturelle aucune ne se produit. »
Mais le célèbre médecin grec était fort en avant de son époque, car tous, poètes, philosophes, historiens, propagèrent l'opinion qui domine encore au Mégaspiléon.
Homère, — (OdysséeV, 396) — parlant d'un homme livré à une maladie*. violente, dit qu'un démon cruel le tourmente. Platon , dans le Phèdre, attribue à un dieu tout désordre intellectuel. Plutarque^ traitant de la <r disparition des oracles » , admet que les démons ont l'envie d'entrer dans les corps humains pour les faire souffrir. Aussi les fous étaient-ils nommés énergumènes , démoniaques, possédés de Dieu^. L'épilepsie était
* Voy. Egger, Revue archéologique, 1860.
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pour les Romains comme pour les Hellènes une maladie sacrée qu'on s'efforçait de guérir par des purifications 9 des sacrifices et autres pratiques religieuses. Apollonius de Thyane se fit une grande réputation comme exorciste*. Porphyre , malgré les tendances mystiques de Técole à laquelle il appartenait, essaya en vain de remettre en vigueur les doctrines d'Hippocrate : € Ils se glorifient , dit-il , de chasser les maladies. Si c'était par la tempérance , par une vie bien réglée comme les sages , ils auraient une prétention raisonnable, mais ils affirment que les maladies sont des démons, qu'ils peuvent les chasser par des paroles, et ils s'en vantent, afin de passer pour des hommes vénérables auprès du vulgaire, toujours porté à admirer la puissance de la magiç. Ils ne sauraient persuader à des hommes raisonnables que nos maladies n'ont pas des causes appréciables, comme la fatigue , la plénitude , la vacuité , la corruption , en un mot , une altération qui a un principe intérieur ou extérieur '. »
L'Orient est resté fidèle aux idées de l'anli-
* Voy. Philoslrate, Vie d'Apollonius, IV, 20. •Porphyre, EnnéadeSy II, liv. IX, trad. Bouillet.