PARTIE II. — LIVRE I
quité. Les Occidentaux en ont fait la remarque ^ On s'y croit toujours exposé comme les solitaires de l'Inde aux attaques des impurs Rakchasas. Il en était de même en Occident jusque dans le siècle dernier. En Italie et en Espagne , on exorcisait bravement les hystériques et les fous', et Swinburne rencontrait à Sorino, dans le royaume deNaples , des troupes de femmes qui se croyaient possédées et qui , en réalité , souffraient de maladies nerveuses. Cette aclion du diable sur le sexe féminin, — aujourd'hui très-facile à expliquer, — n'avait pas échappé à Cyrano de Bergerac : « Je trouve (dans les possessions) qu'il se rencontre dix mille femmes pour un homme; le diable serait-il un ribaud?»
Depuis le milieu du siècle dernier , les théologiens et les médecins les plus habiles s'unirent pour discréditer des traitements ridicules ou barbares, — on employait le fouet contre les fous', comme en Orient, — et pour démontrer le véritable caractère des possessions. Semler,
* Voy. Moreaif, Les aliénés en Orient, dans les Annales mé" dico-psychologiques f I, 115.
*Le P. Labat, Voyage en Espagne et en Italie, IV, p. 104. »Voy. Cullen, Inst, de méd. pratique^ trad. Pinel, II, 307.
43t) ÂGHAÏE ET ÉLIDË.
Teller, Hugh, Farmer, Lindinger, Daub* ont si bien réussi dans cette tâche , qu'un moine catholique, le trappiste Debreyne, auteur d'un Essai sur la théologie morale, engage (p. 356) à traiter comme des malades ou des charlatans tous ceux qui se prétendent possédés.
Aussi les personnes instruites sont maintenant convaincues que l'épilepsie , confondue avec la possession d'un corps humain par le démon , peut être aisément guérie par une de ces scènes dramatiques représentées dans le livre d'Iconomos (p. 20). Une multitude de maladies ayant également leur siège dans le système nerveux , rhyslérie, l'hypochondrie, la paralysie (voy. 3® miracle, p. 75), etc., ne résistent pas plus que l'épilepsie à une forte impression morale. C'est ainsi que s'expliquent les guérisons opérées depuis Pyrrhus jusqu'au prince de Hohenlohe par des thaumaturges de toutes les religions, tels que Valentin Greatakes , Gassner, M.^^ de Saint- Amour , etc. Je n'ignore pas que ces observations ne peuvent s'appliquer à la résurrection citée par Iconomos (7© miracle). Mais il est si
* Gomp. Esquirol, Des maladies mentales, t I«r : De la déraonomanife; — Calraeil, De la folie.