‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 213 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE I

difficile de constater la mort d'un individu que des moines aussi étrangers qu'il est possible à la physiologie ont^pu très-aisément se tromper sur un cas qui embarrasse les plus savants méde* cins , puisque l'odeur cadavérique , le seul signe non douteux du trépas , peut être produite par un corps plein de vie et confondue avec la putréfaction*. En général, quand il s'agit d'attester des faits d'une haute importance , le nombre et les lumières des témoins sont des conditions absolument indispensables. La conviction, poussée jusqu'au martyre, de témoins incompétents ne prouve absolument rien ; car cette conviction s'est trouvée dans les monastères du bouddhisme, chez les derviches de l'islamisme, chez les convulsionnaires de Saint-Médard , chez les prophètes prolestants des Cévennes* aussi bien que chez les témoins , que j'aime à croire fort sincères , des merveilles rapportées par le docte historien du Mégaspiléon. L'école à laquelle appartenait Iconomos a le tort d'agir comme l'auteur de la Vie

* Julia Fontenelle , Recherches médico-légales sur Vincertiiude des signes de la mort. Paris 1834. — Vigne, Traité de la mort apparente, Paris 1841.

•Voy. Figuier, Histoire du merveilleux; A. de Gasparin, Les tables tournantes.

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de sainte Elisabeth , et de chercher dans les mythes du moyen âge des arguments en faveur d'un système de théologie. L'efifet que produit une pareille méthode devrait suf&re pour la discréditer. Le moins philosophe se dit qu'une preuve commune à toutes les hypothèses n'a de valeur en faveur d'aucune, et que le christianisme n'a pas besoin de légendes monastiques pour constater sa supériorité sur toutes les religions de l'univers. Du reste, je ne veux pas mettre Iconomos ni ses imitateurs sur la même ligne que les apologistes modernes de la papauté. Les hagiographes de l'Église orientale sont timides en matière de merveilles. La maison de Nazareth , transportée par les anges à Lorette ; les moines volants , comme saint Cupertin ; les madones cachées dans les oignons , qui roulent les yeux ou qui traversent les airs, etc., sont des prodiges bien autrement étranges que les miracles racontés par Iconomos I

L'histoire du Mégaspiléon présente des traits plus faciles à constater que les récits légendaires et qui étaient plus dignes d'un écrivain aussi distingué que C. Iconomos. Sans doute ce monastère , comme tous les couvents , doit beau-

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