PARTIE II. — LIVftE I
justement chères à la patrie. Son adversaire, qui avait lu la Vie de Jésus du D^ Strauss dans la traduction française de M. Littré , n'acceptait pas le moins du monde les théories de M. A. Pappadopoulos. Il prétendait qu'il ne suffisait pas d'arracher l'Europe orientale aux barbares , qu'il fallait aussi la délivrer de la barbarie , qu'il identifiait avec l'immobilité en matière de religion et d'habitudes sociales. J'avais déjà bien des fois entendu discuter le système mythique , et j'avais même visité les lieux où s'est passée une des scènes les plus remarquables de la vie du célèbre exégéte de Tûbingen*; mais je ne m'attendais point à le retrouver dans la fraîche vallée du BouraïkosI Ce fait, — et on en pourrait citer bien d'autres, — prouve que «l'immobile Orient» n'est pas aussi étranger qu'on le croit aux discussions qui agitent l'Occident. Mais la légèreté parfois voltairienne avec laquelle la grave Allemagne se permet les hypothèses aventureuses a rendu les Orientaux fort défiants. Quand on a vu un Allemand nier l'origine latine des Roumains* et un autre affirmer solennellement
* Voy. la SMisse allemande. — Le Dr Strauss à Zurich. *Er weiss dass die Valachen nicht rômischer Abhunft ànd.
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€ qu'en Grèce il n'y avait plus de Grecs > on s'est demandé assez naturellement si l'exégèse germanique n'était pas exposée aux bizarres fantaisies d'une ethnographie aussi excentrique. Les Allemands, qui rient de l'irréflexion gauloise, feraient bien de profiter des leçons de sens commun que leur donnent parfois ces Gaulois étourdis. N'a-t-on pas vu, en France, les écrivains qu'on accusera le moins de flatter les Hellènes, traiter loyalement d'insoutenables para-
doxes la prétendue science ethnographique du Fragmentiste tyrolien? «La race grecque, dit M. Edmond Âbout, compose la grande majorité de la nation. C'est une vérité qu'on a essayé de mettre en doute. Suivant une certaine école paradoxale y il n'y aurait plus de Grecs en Grèce... On voit sans peine où tend une pareille doctrine qui change les fils d'Aristide en concitoyens de l'empereur Nicolas. » — Le spirituel auteur de la Question romaine ajoute , qu'il suffit « d'avoir des yeux » pour n'être pas dupe des rêveries de
etc. Halle 1823. — M. Héliade, que M. Michelet appelle «un philologue illustre », a si bien établi l'origine latine de la lan^e roumaine , que personne n*a osé reproduire l'hypothèse de l'anonyme allemand.