‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 216 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE I · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE I

Fallmerayer. « La race grecque, dit-il, n'a que fort peu dégénéré, et ces grands jeunes gens à la taille élancée, au visage ovale, à Tœil vif, à l'esprit éveillé qui remplissent les rues d'Athènes, sont bien de la famille qui fournissait des modèles à Phidias... Les hommes sont beaux et bien faits dans tout le royaume. Leur haute taille, leur corps svelte, leur visage maigre, leur nez long et arqué , leur grande rnouétache leur donnent un air martial. Ils conservent quelquefois jusqu'à l'âge de soixante-dix ans, une taille fine et une tournure libre et dégagée. L'obésité est un mal inconnu chez eux. La race grecque est sèche , nerveuse et fine comme le pays qui la nourrit. 11 suffirait d'assainir quelques marais pour faire des Grecs le peuple le plus sain de l'Europe*. »

Calavryta, chef-lieu de l'éparchie de ce nom, est la patrie du patriarche Grégoire, qui fut pendu par les Turcs en 1821. Après avoir fait ses études au mont Athos et à Pathmos, il fut consacré prêtre à Smyrne, dont il devint archevêque en 1784. Élevé en 1797 au trône patriarcal, il s'empressa d'améliorer les écoles, de

* Âbout, Prèee contemporaine.

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propager l'enseignement de la langue nationale , d'enrichir la bibliothèque du patriarcat et de rétablir rimprimerie hellénique supprimée depuis la mort tragique du célèbre Cyrille Loukaris, sacrifié par les Turcs à la colère des Jésuites. Cette manière d'agir prouvait qu'il avait l'intention de travailler sérieusement à la renaissance intellectuelle de la Grèce. Mais si le patriarche de Rome, tantôt dans la main des Autrichiens et tantôt dans celle des Français, n'a plus, depuis le commencement du siècle, qu'une indépendance nominale , il est pourtant sûr de mourir sur son siège , tandis que le patriarche de Constantinople est exposé à perdre sa dignité même quand il résiste aux caprices , souvent absurdes, du gouvernement ottoman. Grégoire après avoir sauvé du massacre les Épirotes d'Âmbracie , déplut à la sœur du sultan , qui le fit déposer et reléguer au mont Athos. Lorsque, en 1806, il fut réintégré dans ses fonctions, il avait l'habitude de montrer aux solliciteurs redoutables qui l'accablaient de leurs demandes , la clef de la cellule qu'il occupait à l'Haghion-Oros pour leur prouver qu'il était prêt à reprendre la route de l'exil. On ne le fit pas attendre longtemps. Destitué à l'avé-

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