PARTIE II. — LIVRE II
rannonce d'une ère de conciliation. Après des siècles de luttes presque fratricides, les branches du rameau pélasgique tendent de plus en plus à se rapprocher. Hellènes, Latins et Chkipétars se reconnaissent enfin comme des tiges de ce vénérable tronc pélasgique, dont les branches ont été trop souvent séparées par la tempête. La papauté, héritière de la funeste ambition des Césars, la papauté qui a travaillé depuis des siècles à les armer les uns contre les autres, au nom d'une prétendue unité qui sacrifiait la charité et l'esprit patriotique, la papauté est trop discréditée aujourd'hui pour empêcher la concorde de triompher. On sait avec quel sincère enthousiasme la Grèce a applaudi à la résuiTection de l'Italie. N'a-t^on pas vu sous les murs de Capoue, l'Albanais de la Grande -Grèce combattre* à côté du soldat de l'Italie et du volontaire venu du royaume hellénique? Dans la guerre de l'indépendance, l'illustre comte de Santa- Rosa et d'autres ItaUens n'étaient-ils par les
* On lit dans le Na%ione du 29 octobre 1860 , ce décret du magnanime dictateur de l'Italie méridionale : « In considera- %ione dei signalati servm resi alla causa nationale dai prodi e generosi Albanesi , etc. »
frères d'armes du pallicare de rAIbanie et de la Grèce?
Quand on quitte Lévidhi , on voyage dans la montagne , d'où Ton descend vers la plaine de Mantinée. Lorsque j'y arrivai, le soleil se couchait et les monts se coloraient des plus magnifiques nuances. La beauté de la Grèce est, grâce à la lumière , indépendante des accidents de la végétation. Cet admirable pays pourrait devenir stérile qu'il conserverait encore presque toute sa splendeur. Il n'en est pas ainsi des con-* trées de l'Occident les plus vantées. Dépouillez la vallée d'interlaken de ses beaux noyers et des arbres variés dont sont revêtus les flancs des monts qui l'environnent ; supposez que les lacs d'azur, où se mirent Thun et Brienz^ viennent à se tarir et que les cascades du Staubbach et du Giesbach cessent de couler, pas un touriste ne se donnera la peine de consacrer une journée à un pays privé de tous ses charmes. Que seraient les bords du lac de Genève sans les riches vignobles qui tapissent ses coteaux , sans les frais ruisseaux qui en descendent, sans les belles villas qui les embellissent? Jamais la terne lumière de l'Occident ne mérite l'épithète de « divine » que