‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 229 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE II

rappelle l'origine. Marbres, sculptures, inscriptions, colonnes, tout fut employé par ces Vandales, comme les -matériaux les plus vils. Dès 1719, le sérasker résidait déjà à Tripolis. Un voyageur français , Pellegrin , qui y vint à cette époque n'y trouva pas, dit-il, «les Grecques farouches. » Ce voyageur était peut-être un sceptique pareil aux gens de Mantinée qui contestaient la fidélité de Pénélope et qui disaient qu'elle s'était si bien consolée du départ de son époux que le fils de Laërte l'obligea de s'établir à Mantinée, où l'on montrait son tombeau ^ Après l'insurrection de 1770, les Albanais mahométans qui l'avaient étouffée, voulurent se cantonner à Tripolis , quand Hassan-pacha prétendit débarrasser le Péloponèse des soldats turbulents qui avaient sauvé la domination niusulmane. La Sublime -Porte ne se pique pas de reconnaissance. Elle arma les chrétiens de la péninsule contre les Albanais qui l'avaient si bien servie. Constantin Colocotronis , le plus fameux des klephtes du pays, fut appelé à seconder Hassan avec ses pallicares et son frère

'Pausanias, Vill, 12.

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Ândgnostis. Les Colocotronis s'étaient constamment signalés par leur zèle contre les Otiomaas depuis répoque où ils s'étaient établis dans la plaine de Tripolis, au Village de Limbovisi. Quatre ou cinq générations de cette famille de braves périrent avant la révolution en combattant les Turcs. Devenu leur, allié, Constantin n'eut pas à se féliciter d'avoir contribué par la trahison à l' extermination des Albanais. Hassan le fit attacher à un gibet aux portes de Tripolis, aux lieux mêmes où les bandes albanaises avaient succombé.

Le pacha, joyeux d'avoir anéanti des milliers d'Albanais et d'avoir orné les portes de la ville de pyramides faites avec leurs têtes , se proposait de mettre à mort toute la famille 601000-* tronis, la politique turque consistant, comme celle de l'Autriche % à exploiter les haines aveugles des races et leurs folles prétentions pour les envelopper dans une ruine commune et affermir ainsi l'empire des conquérants. Mais l'én^gique veuve du chef arcadien déjoua tous ces calculs.

* Voy. dans Alfred Michiels, Histoire secrète de l'Autriche, comment ont été exterminés les patriotes qui étaient l'espoir des Magyars de la Hongrie et des Tchèques de la Bohème.

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