PARTIE II. — LIVRE II
quaire mesquin. Héritier d'un nom célèbre et redouté des Turcs il inspirait une grande confiance aux paysans. Le bey de la Maïna, Pierre Mavromichalis, était venu le rejoindre sous les murs d'une ville où s'étaient réfugiées la plupart des familles turques.
Si Colocotronis et Nikitas représentaient l'élément klephtique et P. Mavromichalis la féodalité maïnote, D. Hypsilantis et M. A. IJIavrocordatos étaient la personnification des Phanariotes. Le premier était frère d'Alexandre Hypsilantis qui , en vertu de pouvoirs qu'il tenait de l'Hétairie, l'avait envoyé en Grèce comme généralissime. Arrivé à Hydra où il s'était fait reconnaître en cette qualité, il était venu prendre le commandement de l'armée devant Tripolis. Le jeune général appartenait à une famille originaire de Trébizonde, qui acquit un grand crédit au Phanar à partir du dix-huitième siècle.
Athanase Hypsilantis se crut assez riche et assez puissant pour briguer en 1758 le trône de Moldavie. Son fils Alexandre VH Hypsilantis, après un premier règne de huit ans en Valaquie (1774-1782), où sa probité et son habile administration l'avaient fait aimer des Roumains,
jouissait à Constantinople de la puissance et du faste d'un vizir. Il ne sortait jamais sans un nombreux cortège, et souvent il traversait le Bosphore sur un bateau doré à sept paires de rames, distinction réservée aux hauts dignitaires de la Sublime-Porte. Mais les relations de son fils Constantin avec la Russie excitèrent les défiances des Turcs , qui tuèrent le vieux prince à Tâge de plus de quatre-vingts ans. La protection des Russes ne fit pas défaut à Constantin après la mort de son père. Appelé , grâce à leur intervention, à régner successivement en Moldavie et en Valaquie, il finit par se retirer, en 1807, dans les États d'Alexandre h^l Lorsque deux de ses fils, Alexandre et Dimifri, se mirent à la tête de l'insurrection hellénique, les relations intimes de leur famille avec la Russie portèrent d'abord les Hellènes à croire que l'empereur les soutiendrait dans une entreprise digne de la sympathie de tous les princes chrétiens. Aussi, lorsque Dimitri parut devant Tripolis, aucun chef n'eut d'abord la pensée de lui disputer le premier rang, et le consentement unanime sembla confirmer son titre de généralissime. Colocotronis lui-même se montra très^bien disposé