‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 233 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE IL · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE IL

en sa faveur. Mais il était impossible que des, pallicares tels que le chef arcadien , qui avaient si longtemps lutté contre la domination étrangère, ne vissent pas de mauvais œil l'élévation soudaine de Phanariotes, choisis par une société secrète et non par la nation eMe-même. « Que sont, disait plus tard au colonel Voutier le vieux klephte enorgueilli par ses succès aji siège de Tripolis, que sont ces hommes nouveaux qui, arrivés d'hier dans la Grèce, ont accaparé le pouvoir et veulent nous donner des lois ? Quels sont leurs droits pour nous commander? Est-ce parce qu'ils ont puisé en Europe des connaissances refusées à ces contrées malheureuses? Ce n'est pas avec un langage plus choisi et des manières plus douces que nous nous affranchi* rons; c'est avec le fer; c'est grâce au rude apprentissage que nous faisions sur nos montagnes dans le temps qu'ils jouissaient des douceurs des pays civilisés.]» Les formes polies, mais froides; la gêne qu'éprouvait Hypsilantis dans une situation si nouvelle pour lui ; son goût pour la discipline et la tactique modernes semblaient aux yeux de plus d'un capitaine confirmer l'opinion de Golocotronis , qui trouvait puéril d'op-

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poser aux Ottomans un système militaire qu'ils ignoraient eux-mêmes. En Orient, les habitudes réservées de l'Occident sont regardées dans la vie ordinaire comme l'indice d'une absence complète de cordialité. A la guerre , personne ne comprend encore la nécessité de s'imposer le joug inséparable du véritable esprit militaire. Le général UUoa* atteste qu'il en était ainsi en Italie, même en 1848. En outre, quiconque semble douter de soi n'inspire pas de confiance aux Orientaux. Or Hypsilantis , petit de taille, chauve avant l'âge, donnant ses ordres d'une voix grêle et nasillarde, manifestant les hésitations d'un homme plus habitué à méditer des plans d'insurrection qu'à gouverner les hommes, n'avait rien de ce qui était nécessaire pour entraîner et passionner une armée de volontaires. « Il n'a ni promptitude ni vigueur», disait ironiquement Colocotronis. L'envie que le généralissime exprimait de centraliser le pouvoir ne plaisait pas plus aux primats fort jaloux de leur autorité et de leur importance , que ses idées sur la tactique et sur la discipline ne souriaient aux capitaines. Heureux d'administrer sans contrôle là où

^ Uiloa , Giierre de Vindépendance.

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