‹ Excursions en Roumélie et en Morée (volume 2)Chapitre 235 sur 284 · PARTIE II. — LIVRE II · texte numérisé non relu

PARTIE II. — LIVRE II

biens furent confisqués , il fut exilé à Angora , et sa femme et ses filles furent livrées à la brutalité de la soldatesque musulmane ; Tune d'elles, célèbre par sa beauté, en mourut de chagrin. Le fils de Texilé , dont le devoir était de faire expier aux Turcs les injures endurées par sa famille, avait acquis l'expérience des affaires auprès de son oncle maternel , Jean II Caradja , qu'il accompagna en Suisse et en Italie, lorsque ce prince se réfugia en Occident. M. Mavrocordatos était en Toscane, à Pise, lorsqu'il se décida à réaliser sa petite fortune et à s'embarquer à Marseille pour la Grèce. Un homme qui avait vécu à Bukarest , où affinaient les Hellènes , qui s'était façonné aux habitudes du midi, était plus, propre à manier les esprits qu'un militaire resté comme Hypsilantis étranger aux afiaires. Les primats , qui se défiaient des généraux , s'entendaient mieux avec un ancien ministre du prince de Valaquie. En outre , M. Mavrocordatos ayant, en 1818, refusé les brillantes propositions d'Alexandre I^r , attendant uniquement son élévation du suffrage de ses concitoyens, était plus indépendant et devait devenir plus populaire que le frère d'un aide de camp général de l'em-

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pereur de Russie. Or il n'était pas difficile de prévoir que si Alexandre n'intervenait pas en faveur des Hellènes , ceux-ci ne tarderaient pas à se tourner vers l'Occident y dont M. Mavrocor* datos admirait la civilisation et dont il regardait les hommes d'État, surtout les Angolais, comme les meilleurs modèles.

Déjà quelques Occidentaux prenaient part à l'insurrection hellénique. On voyait devant Tripolis des Italiens et des Français , venus avec M. Mavrocordatos et pressés de témoigner de la sympathie de la race latine pour les Hellènes. Ces officiers étrangers eussent pu rendre de grands services , ils eussent pu prévenir les malheurs sans nombre causés plus tard par Fintervention des troupes régulières d'Ibrahim- Pacha , si les HeUènes eussent compris la néoes* site de l'instruction militaire. Mais comment façonner à ces exercices compliqués les paysans indisciplinés du Péloponèse , qu'il avait déjà été assez difficile d'habituer au feu? Gomment initier les Maïnotes , turbulents et pillards , aux règles sévères de la tactique européenne t Les Pélopo* nésiens, couverts de haillons et armés de mauvais fusils, se résignaient à passer une journée

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